On peut réformer l’Ecole en 3 mois, mais aucun candidat ne le fera !

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Voici un excellent (comme toujours !) article de Jean-Paul Brighelli paru sur son blog « Bonnet d’âne » abrité par Causeur.fr. Rappelons que Jean-Paul Brighelli, enseignant et essayiste, est l’auteur du célèbre ouvrage « La fabrique du crétin – la mort programmée de l’école« .

Fini de rire ! Il faut se décider !

Jean-Paul Brighelli

Jean-Paul Brighelli

Et je me suis personnellement décidé en fonction des politiques éducatives envisagées par les différents candidats.

« Mais vous êtes donc aveugle aux questions économiques ? Au chômage de masse ? À la dissolution de la nation dans l’européanisation, la mondialisation, le Marché divinisé ?  Et les questions de sécurité, alors ? L’immigration sauvage ? Et … »

J’adore la valse des milliards que nous promettent la plupart des candidats. Ils iront les pêcher où, leurs milliards ? Depuis 1973, depuis que Pompidou — un autre ex-employé de la banque Rothschild — a accepté que la France ne puisse faire fonctionner sa planche à billets et s’auto-financer, depuis que nous sommes pieds et poings liés devant les diktats des banques privées, nous n’avons d’argent que si les grands financiers internationaux le décident.

« Il suffira d’emprunter ! Nous sommes solvables, à long terme ! »

Pas du tout. Si vous voulez savoir ce qui nous pend au nez, jetez un œil sur ce que Wolfgang Schaüble a fait à la Grèce — le piège dont les mâchoires se referment, ces jours-ci. Ces salopards veulent une Europe à deux vitesses — et nous ne serons pas en tête. Tout comme ils ont fait une école à deux vitesses. L’Ecole du Protocole de Lisbonne avait pour fonction de réduire la nation. Les programmes des européanistes ont pour fonction de l’éliminer.

L’argent, le nerf de la guerre … Ben oui : Hollande a trébuché là-dessus dès son entrée en fonction. C’est pour ça — et uniquement pour ça — que les socialistes se sont lancés dans des réformes sociétales sans impact financier. Parce qu’ils ne pouvaient pas se lancer dans quoi que ce soit d’autre. Le mariage pour tous, les « rythmes scolaires », la réforme du collège, la loi Travail… Du vent — avec de petites économies en perspective.

Et un bénéfice électoral conforme aux plans de Terra Nova. Faire plaisir aux bobos gays du Marais. Accabler le prolétariat — parce qu’il y a toujours un prolétariat, et même de plus en plus. Faire semblant de s’occuper des pauvres, et des pauvres en esprit — et les accabler dans les faits. Et avec ça ils comptent sur le vote immigré !

Aucun candidat ne pourra opérer d’autres réformes que celles qui ne coûteront rien, ou pas grand-chose.

Par exemple, l’école, sous un certain angle, ça ne coûte rien de la réformer. Autant en profiter.

  • Revenir, au moins dans un premier temps, aux programmes de 2008 serait indolore. Les manuels existent, il en est même de bons.
  • Décider de dédoubler la section S pour dégager une vraie filière scientifique ne coûtera rien — ou pas grand-chose : quelques heures de cours de plus, c’est secondaire. Il suffit de les financer en coupant le robinet à subventions qui arrose des organisations pédagos dont l’objectif commun est la désorganisation de la nation.
  • Ou en remettant devant des classes ces merveilleux didacticiens qui font perdre leur temps aux stagiaires dans les ESPE — puisqu’ils sont si malins et si bons pédagogues…

D’ailleurs, autant fermer les ESPE, et demander aux enseignants-praticiens
en exercice, les bons, de former gracieusement leurs collègues. Ils adoreront ça !

  • Comme il ne coûtera rien de décréter la tolérance zéro, et la remise au travail de tout le monde.
  • Ou de tirer un trait sur cette grande escroquerie que fut le collège unique — est-ce qu’un seul prof « de gauche » a réfléchi à ce qui avait décidé Haby et Giscard à imposer le collège unique ? Mais pensent-ils encore, les profs de gauche ?
  • Il faudrait augmenter de façon sensible les salaires — au moins les salaires de départ. Ne rêvez pas : ça ne se fera pas. De la même façon, on ne recrutera pas des dizaines de milliers d’enseignants — Hollande ne l’a pas fait, quoi qu’il dise, parce que les volontaires ne se pressent pas — et qu’il est parfaitement inutile de recruter à la va-vite des gens qui n’auront pas le niveau requis : on tient ses classes, entre autres, parce qu’on domine totalement sa discipline, et où voyez-vous que des étudiants de M1 (surtout quand il s’agit de ces merveilleux MEEF, ces masters d’enseignement à grande base de didactique prodigués / imposés par les ESPE) aient un niveau disciplinaire suffisant ? Démissionneraient-ils en masse comme ils le font dès l’année de stage s’ils se sentaient bien préparés ?
  • En modifiant les programmes intelligemment, en évacuant toutes ces heures perdues à effectuer des EPI et autres plaisanteries pédagogiques, on peut dégager des heures pour dédoubler les classes les plus faibles, et multiplier par deux les heures des matières fondamentales — à commencer par l’apprentissage systématique de la langue, sans laquelle…

Il faut sonner le tocsin, au niveau de l’enseignement — et ce n’est pas en saupoudrant le système d’aumônes, comme le voudraient certains syndicats, que l’on remontera le niveau, qui est, comme le moral, dans les chaussettes.

D’ailleurs, les syndicats doivent contribuer à l’effort en se passant de subventions — réelles ou déguisées sous la forme de permanents payés à faire du syndicalisme. Et les parents doivent redevenir des parents — pas des officines financées pour imposer des vues pédagogiques héritées de Meirieu et de ses disciples.

On peut en trois mois imposer des réformes qui ne coûteront rien — sinon un peu d’explication. On a des IPR pour ça. Ils ont passé un an à expliquer la réforme de Najat. Ils passeront quelques mois à expliquer qu’il faut faire machine arrière — avant que les profs soient allés de l’avant.

Et croyez-moi : on peut le faire parce qu’on ne pourra pas faire autre chose. Alors, qui ?

Lire la suite sur le blog de Jean-Paul Brighelli.







Posted in Amateurisme du gouvernement, archaïsme de la gauche, Du sectarisme de la gauche, Humeur ..., Incompétence de Hollande, Pour info ....

4 Comments

  1. Chacun sait que la laïcité autorise la liberté fondamentale de pouvoir « penser par soi-même ». Cela signifie la possibilité de penser en dehors des dogmes des religions et en dehors des doctrines politiques partisanes.
    Pourtant, chacun sait que l’école a toujours été le lieu d’affrontement le plus sensible des luttes idéologiques ou partisanes. C’est pourquoi la question de la laïcité s’est posée d’abord dans l’école de la République, à propos de l’éducation des enfants et de l’influence idéologique des éducateurs sur des êtres jeunes et fragiles. Pour protéger l’indépendance idéologique de l’école de la République, le principe de laïcité témoigne du refus de toute domination, qu’elle soit d’inspiration politique, religieuse, scientifique ou autre.

    Vladminir Ilytch Ulianov, dit Lénine, a été résolu à encrer la lutte politique à l’école. Il a défini l’école comme un « instrument de domination de classe aux mains de la bourgeoisie » et c’est précisément pourquoi, selon lui, il fallait « transformer l’école en instrument de destruction de cette domination bourgeoise ». La position idéologique de Lénine était que la proclamation d’une école soi-disant apolitique, (c’est-à-dire une école laïque), qui serait située artificiellement en dehors de la réalité sociale de la lutte des classes, ne serait, en réalité, rien d’autre qu’une « hypocrisie bourgeoise destinée à tromper les masses laborieuses ».
    Pour les communistes, l’idée de « tolérance », politique ou religieuse, n’est rien d’autre qu’une faiblesse « bourgeoise ». Mais elle est surtout l’ennemie « du peuple » et du processus révolutionnaire. C’est une « théorie bourgeoise » qui aboutit à l’idée d’un prétendu effacement progressif des différences économiques, politiques et idéologiques entre les systèmes capitaliste et socialiste… », c’est-à-dire qu’elle aboutit à une négation de la nature aliénante et oppressive du mode de production capitaliste, que combat la « révolution socialiste ».

    C’est pourquoi les communistes, qui reconnaissent l’action idéologique de la société sur l’école, ont voulu arracher l’éducation à l’influence de la classe dominante. Pour les communistes, l’école est adaptée aux intérêts de la bourgeoisie libérale, qui s’efforce d’éduquer la jeune génération dans l’espoir de former « des employés utiles, pour lui rapporter des bénéfices » et des « commis obéissants, qui ne troublent pas son sens des affaires ». Pour les communistes, « tant qu’existera une société de classes, l’école sera une école de classes. Et la bourgeoisie tentera toujours de transformer l’école populaire en instrument qui doit asservir les futurs travailleurs ». Lors du changement de majorité à la Région Réunion, le journal télévisé a interviewé un enseignant d’une école primaire de Saint-Denis. Cet instituteur critiquait la nouvelle orientation politique de la Région, en indiquant que le projet pédagogique de sa classe était très impliqué dans le projet de politique culturelle de la Maison des Civilisations. L’attitude de l’enseignant était-elle véritablement conforme à l’idéal de réserve de la fonction publique et à l’éthique de la laïcité ? On doit examiner de manière critique l’impression que donnait le reportage de la télévision et le sentiment étrange d’une forme d’instrumentalisation des enfants à des fins politiques. On comprend que la question de la laïcité dans les États modernes se pose en raison de « la liaison très forte entre l’enseignement et les appareils politiques » dans l’institution scolaire. Chacun sait que la discussion de la religion, de la politique et de la philosophie à l’école n’est jamais terminée. La philosophie, nous aide à dépasser les croyances et les opinions, pour atteindre la véritable connaissance, alors que nous avons trop souvent tendance « à juger ». Il est toujours plus facile de porter un jugement superficiel, au lieu de faire l’effort de réfléchir, pour comprendre ce qui se passe réellement dans le monde qui nous entoure.

  2. Ce serait déjà pas mal, car en français, par exemple, entre les livres de la réforme de 2009 et ceux de 2016 il y a deux énormes différences, pratiquement la grammaire et l’orthographe sont absents des livres de 2016 et au lieu d’une progression chronologique, en sixième l’antiquité , c’est une progression autour d’un thème .Par exemple en sixième, autour du thème du monstre, ce qui provoque un saupoudrage, un mélange dans la tête d’enfants qui n’ont déjà pas beaucoup de repères et une fabrique d’ignares .Mais n’est ce pas ce qui est recherché?

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