L’idéologue qui dynamita la France

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Depuis que Christiane Taubira a quitté son poste place Vendôme, les consciences se délient. De plus en plus de professionnels de la Justice, prennent la parole pour dénoncer le lourd bilan de l’ancienne Garde des sceaux.

Dans un précédent article : « Taubira a soigné sa sortie mais laisse un ministère sinistré …« , j’avais relayé un article de Guillaume Jeanson, avocat au Barreau de Paris et porte-parole de l’Institut pour la Justice, très sévère pour le bilan de Taubira.

Aujourd’hui, dans Valeurs actuelles, c’est Jean-Claude Magendie, premier président honoraire de la cour d’appel de Paris qui enfonce le clou des dégâts laissés par l’idéologie sans limite de madame Taubira.

Jean-Claude Magendie, premier président honoraire de la cour d'appel de Paris.

Jean-Claude Magendie, premier président honoraire de la cour d’appel de Paris.

Sa voix est d’autant plus forte du fait qu’il s’agit d’un professionnel de la justice qui s’exprime et non un adversaire politique :

L’idéologue qui dynamita la France

Politique pénale laxiste, indépendance du système juridictionnel mise à mal :
le bilan laissé par Christiane Taubira est rude.

Mme Taubira n’aura pas été pour rien dans l’enlisement du débat, devenu surréaliste, sur la déchéance de nationalité, l’idéologie qui l’animait l’ayant emporté sur la considération objective des périls qui menacent notre pays.

Force est de constater que c’est la même idéologie, à bien des égards intolérante et manichéenne, qui a régné au ministère de la justice lorsqu’elle en avait les rênes en main, aidée en cela par le Syndicat de la magistrature, l’inventeur du « mur des cons », devenu son plus fidèle soutien et le vivier de ses collaborateurs et inspirateurs ; il n’est dès lors pas étonnant que l’institution judiciaire, qui s’épanouit dans le pluralisme, en ressorte affaiblie et que les citoyens manifestent une défiance croissante envers elle.

L’idéologie s’est d ‘abord manifestée dans le domaine pénal. Partant du principe que le délinquant est d’abord une victime de la société qui le poursuit et qu’il est bien plus digne d’intérêt que sa victime, il s’est agi de mettre à bas tous les dispositifs législatifs considérés comme la manifestation d’une société répressive et injuste; c’est ainsi que la loi instaurant les peines planchers, qui mettait un terme à l’impunité de fait de multirécidivistes, a immédiatement été abrogée, avant qu’un autre texte vienne décider que le sursis assortissant une peine ne serait plus automatiquement révoqué par la commission d’une nouvelle condamnation mais nécessiterait une décision spécialement motivée.

Ce désarmement méthodique de la société s’est également traduit par l’absence de toute politique pénale générale, qui se traduit normalement par des circulaires-cadres d’action publique destinées aux parquets, comme si le ministère signifiait par là son désintérêt de cette question honteuse.

L’idéologie de la ministre n’a pas manqué de se manifester dans les projets de réforme de la justice concoctés au sein de commissions dociles. C’est ainsi que le projet de réforme « J21″, censé bâtir la justice de notre siècle, après avoir formulé des préconisations qui semblaient fondées sur la découverte de l’importance de l’informatique et de la médiation civile dans toutes les justices modernes, retenait des préconisations d’une tout autre ampleur. Elles conduisaient insidieusement à dynamiter le système juridictionnel actuel fondé sur le principe hiérarchique, la responsabilité des chefs de juridictions et l’indépendance du juge.

Au prétexte d’ « ouvrir la justice à la société », des conseils de juridiction étaient créés auprès des cours d’appel et des tribunaux de grande instance, réunissant outre les magistrats et les fonctionnaires de la juridiction, ceux de l’administration pénitentiaire, des représentants des organisations syndicales, de l’État, des collectivités locales, des professions du droit et des associations. Les priorités de la juridiction seront ainsi discutées au sein de cet organisme pléthorique, au risque d’empiéter sur l’autonomie des juridictions, qui est pourtant le corollaire de l’indépendance de la justice. Le projet prévoit que « l’amélioration de la démocratie en juridiction suppose notamment de renforcer les pouvoirs des assemblées générales ».

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La démocratie en juridiction, dont l’organisation est hiérarchique, constitue une hérésie au plan de la science administrative ; la concertation actuelle entre magistrats existe, mais ses modalités préservent les juridictions d’un régime d’assemblée qui ne manquerait pas de manifester tous les vices qui lui sont inhérents: irresponsabilité, paralysie et démagogie. Il s’agit en réalité de mettre en place le système de cogestion que le Syndicat de la magistrature réclame depuis sa création, la prochaine étape étant l’élection des chefs de juridiction.

On saura très bientôt si le legs idéologique de Mme Taubira sera ou non repris par son successeur.

Jean-Claude Magendie pour Valeurs actuelles.







Posted in Coup de gueule, Déni de justice, Du sectarisme de la gauche, Laxisme de la justice, Partialité de la justice.

5 Comments

  1. Ce matin, les médias relèvent que 9 personnes sur 10 victimes du « délit de faciès » ne portent pas plainte, au grand dam de l’association spécialement créée pour eux.

    Compte tenu que les statistiques liées à l’origine des personnes sont illégales, comment cette association peut connaitre l’existence de ces 9/10?

    On ne doit pas savoir les ethnies des prisonniers, mais il faut mettre plus d’imams dans nos prisons! pour les athées ou les bouddhistes?

    Les médias nous montrent à longueur de journée et de reportage les files de migrants qui traversent l’Europe, mais RIEN sur la traversée de la France jusqu’à Calais!!!!!! ils y arrivent comment????? personne ne les voit passer en Alsace, en Lorraine, en Picardie?

    Décidément , j’ai du mal à suivre!!!!

  2. Quand le Syndicat de la magistrature se présenta comme l’inventeur du « mur des cons », le Syndicat de la magistrature restait dans le domaine de sa spécialité !

    • ce qui me parait extraordinaire aujourd’hui, c’est que c’est cette ordre qui va déterminer qui va être notre prochaine ou prochain Président. et cela en étant déterminé à éliminer dans les esprits des Français Nicolas Sarkozy. Ah le doute qui se faufile dans les cœurs et les tètes et même dans les cœurs et les tètes des plus fervents supporters.
      Certains juges en France, aujourd’hui, se comportent comme ces organismes, qui interdisent ou valident des professions de foi, dans certains pays.

  3. Je vais poser une question bête avant de lire ce long article d’une seule traite, mes yeux ne suivent pas!
    Mais pourquoi ce magistrat ne s’est pas exprimé avant, cad quand taubira était ministre de l’injustice!
    Sans doute parce qu’il aurait été muté dans les Ardennes ou dans le nord pas de calais en guise de punition?

  4. Pingback: Anonyme

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