Les meilleurs arguments contre l’adoption par des couples homos ont été donnés par un Garde des Sceaux … socialiste !

Le premier octobre dernier, j’avais déjà publié des extraits de l’intervention, en 1998, d’Elisabeth Guigou, alors Garde des Sceaux du gouvernement Jospin, dans le cadre du débat sur le PACS.

Cette intervention justifiait une fin de non-recevoir à la demande de certaines associations d’homosexuels d’intégrer, à la loi créant le PACS, l’autorisation d’adopter pour les couples homosexuels.

Je pense utile, aujourd’hui, où l’on rentre dans une phase décisive de l’adoption de la loi sur le mariage homosexuel, l’adoption pour les couples homosexuels et peut-être la procréation médicalement assistée pour les homosexuelles, de publier à nouveau ce texte qui pour moi contient les meilleurs arguments contre l’adoption pour les couples de même sexe.

Voici, en prologue, quelques moments forts de son intervention, le texte intégral étant reproduit en fin de l’article.

Les moments forts de l’intervention d’Elisabeth Guigou

  • « Une famille ce n’est pas simplement deux individus qui contractent pour organiser leur vie commune. C’est l’articulation et l’institutionnalisation de la différence des sexes » (…) C’est aussi la promesse et la venue de l’enfant, lequel nous inscrit dans une histoire qui n’a pas commencé avec nous et ne se terminera pas avec nous ». Les bases du mariage sont clairements posées. Ont-elles changé aujourd’hui ?
  • « Mais il fallait aussi bien marquer qu’au regard de l’enfant, couples homosexuels et hétérosexuels sont dans des situations différentes. La non-discrimination n’est pas l’indifférenciation« . On ne saurait mieux dire !
  • « Notre société ne protège pas assez l’enfant et en même temps qu’elle proclame l’enfant roi, elle le soumet trop souvent au seul désir de l’adulte. Un enfant a droit à un père et une mère, quel que soit le statut juridique du couple de ses parents ».C’est déjà presque la conclusion !
  • « Le Gouvernement a, quant à lui, voulu que le pacte ne concerne pas la famille. Il n’aura donc pas d’effet sur la filiation ». Pourquoi y touche t-on aujourd’hui ?
  • « Je veux être parfaitement claire : je reconnais totalement le droit de toute personne à avoir la vie sexuelle de son choix. Mais je dis avec la plus grande fermeté que ce droit ne doit pas être confondu avec un hypothétique droit à l’enfant ». C’est pourtant ce que la prochaine loi s’apprête à reconnaitre : le droit à l’enfant !
  • « Les procréations médicalement assistées ont pour but de remédier à l’infertilité pathologique d’un couple composé d’un homme et d’une femme. Elles n’ont pas pour but de permettre des procréations de convenance sur la base d’un hypothétique droit à l’enfant ». Que tout cela est bien dit et parait découler du simple bon sens !
  • « Pourquoi l’adoption par un couple homosexuel serait?elle une mauvaise solution ? Parce que le droit, lorsqu’il crée des filiations artificielles, ne peut ni ignorer, ni abolir, la différence entre les sexesCette différence est constitutive de l’identité de l’enfant. Je soutiens comme de nombreux psychanalystes et psychiatres qu’un enfant a besoin d’avoir face à lui, pendant sa croissance, un modèle de l’altérité sexuelle ». Arrête, arrête Elisabeth, tu nous as tous convaincus !
  • « Mon refus de l’adoption pour des couples homosexuels est fondé sur l’intérêt de l’enfant et sur ses droits à avoir un milieu familial où il puisse épanouir sa personnalité« .On est tous bien d’accord, à droite, avec cela !

Quand vous lisez ça, vous êtes hallucinés. Vous vous demandez quel cataclysme a pu frapper la France dans les 14 dernières années. Sommes-nous bien le pays de Descartes, de la logique et du raisonnement ? Comment des arguments aussi solides ont-ils pu être réduits à néant à cause du lobbying d’une frange minoritaire des homosexuels eux-mêmes minoritaires dans la population ? Le PS a t-il le moindre respect pour lui-même ?

J’ai une proposition à faire aux parlementaires de droite :
Lors du débat parlementaire, que le premier orateur de l’opposition
se contente de relire in-extenso le texte de madame Elisabeth Guigou.
Voici maintenant le texte de l’intervention du Garde des Sceaux

COMPTE RENDU ANALYTIQUE OFFICIEL
SÉANCE DU MARDI 3 NOVEMBRE 1998

Mme Elisabeth Guigou, Garde des sceaux, ministre de la justice – Aujourd’hui, de même que le 9 octobre dernier, le Gouvernement soutient la proposition de loi sur le pacte civil de solidarité qui permet à deux personnes d’organiser leur vie commune dans la clarté et la dignité. (…)

Elisabeth Guigou lors du débat sur le PACS en novembre 1998

Pourquoi avoir dissocié le pacte de la famille ?

Une famille ce n’est pas simplement deux individus qui contractent pour organiser leur vie commune. C’est l’articulation et l’institutionnalisation de la différence des sexes. C’est la construction des rapports entre les générations qui nous précèdent et celles qui vont nous suivre. C’est aussi la promesse et la venue de l’enfant, lequel nous inscrit dans une histoire qui n’a pas commencé avec nous et ne se terminera pas avec nous. (…)

Nous reconnaissons, sans discrimination aucune, une même valeur à l’engagement de ces deux personnes, hétérosexuelles ou homosexuelles. Il fallait trouver une formule qui traduise cet engagement et le gratifie de nouveaux droits.

Mais il fallait aussi bien marquer qu’au regard de l’enfant, couples homosexuels et hétérosexuels sont dans des situations différentes. La non-discrimination n’est pas l’indifférenciation. Le domaine dans lequel la différence entre hommes et femmes est fondatrice, et d’ailleurs constitutive de l’humanité, c’est bien celui de la filiation. Voilà pourquoi le PACS ne légifère pas sur l’enfant et la famille. Voilà pourquoi le pacte concerne le couple et lui seul (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste).

Les opposants au PACS prétendent que celui?ci serait dangereux pour le mariage. Mais ce n’est pas le PACS qui est dangereux pour le mariage ! Celui?ci est en effet confronté depuis longtemps déjà aux évolutions de la société : crainte de s’engager pour la vie, peur d’évoluer différemment de l’autre, indépendance financière de plus en plus tardive, acceptation sociale de la cohabitation, volonté de ne pas faire sienne la famille de l’autre… mais malgré ces difficultés le mariage reste un idéal et a de beaux jours devant lui. (…)

Le pacte civil de solidarité serait en deuxième lieu dangereux pour la famille et pour la société ! Mais le choix a été fait de dissocier pacte et famille car lorsqu’on légifère sur la famille, on légifère aussi forcément sur l’enfant. (…)

En troisième lieu, certains s’inquiètent de ce que l’enfant serait oublié.

Notre société ne protège pas assez l’enfant et en même temps qu’elle proclame l’enfant roi, elle le soumet trop souvent au seul désir de l’adulte.

Un enfant a droit à un père et une mère, quel que soit le statut juridique du couple de ses parents. D’ailleurs aujourd’hui, la situation de l’enfant légitime qui vit avec ses deux parents est plus proche de la situation de l’enfant naturel qui vit lui aussi avec ses deux parents que de celle de l’enfant légitime de deux parents divorcés ou séparés (Applaudissements sur les bancs du groupe communiste, du groupe socialiste et du groupe RCV). (…)

Enfin, certains ajoutent encore une menace : le pacte ne serait qu’une première étape vers le droit à la filiation pour les couples homosexuels !

Ceux qui le prétendent n’engagent qu’eux?mêmes. Le Gouvernement a, quant à lui, voulu que le pacte ne concerne pas la famille. Il n’aura donc pas d’effet sur la filiation.

Je veux être parfaitement claire : je reconnais totalement le droit de toute personne à avoir la vie sexuelle de son choix. Mais je dis avec la plus grande fermeté que ce droit ne doit pas être confondu avec un hypothétique droit à l’enfant (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe socialiste).

Un couple, hétérosexuel ou homosexuel, n’a pas de droit à avoir un enfant en?dehors de la procréation naturelle. Les lois récentes sur la procréation médicalement assistée ont tracé les limites du droit à l’enfant comme source de bonheur individuel en indiquant que les procréations médicalement assistées ont pour but de remédier à l’infertilité pathologique d’un couple composé d’un homme et d’une femme. Elles n’ont pas pour but de permettre des procréations de convenance sur la base d’un hypothétique droit à l’enfant (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe socialiste).

Je reconnais que des homosexuels doivent continuer à s’occuper des enfants qu’ils ont eux-même s’ils vivent ensuite avec un ou une compagne du même sexe, car la paternité ou la maternité confère des obligations qui ne peuvent cesser (Applaudissements sur les bancs du groupe communiste, du groupe socialiste et du groupe RCV).

Or c’est une chose de maintenir un lien de parenté déjà constitué entre parents et enfants, c’en est une toute autre de permettre, en vertu de la loi, l’établissement d’un lien ex nihilo entre un enfant et deux adultes homosexuels. Dans le premier cas, il s’agit d’une solution conforme à l’intérêt de l’enfant qui a le droit de conserver son père et sa mère lorsque ses parents se séparent. Dans le second, il s’agirait de créer de toutes pièces, par le droit, une mauvaise solution.

Pourquoi l’adoption par un couple homosexuel serait?elle une mauvaise solution ? Parce que le droit, lorsqu’il crée des filiations artificielles, ne peut ni ignorer, ni abolir, la différence entre les sexes.

Cette différence est constitutive de l’identité de l’enfant. Je soutiens comme de nombreux psychanalystes et psychiatres qu’un enfant a besoin d’avoir face à lui, pendant sa croissance, un modèle de l’altérité sexuelle. Un enfant adopté, déjà privé de sa famille d’origine, a d’autant plus besoin de stabilité sans que l’on crée pour lui, en vertu de la loi, une difficulté supplémentaire liée à son milieu d’adoption.

Mon refus de l’adoption pour des couples homosexuels est fondé sur l’intérêt de l’enfant et sur ses droits à avoir un milieu familial où il puisse épanouir sa personnalité (Applaudissements sur certains bancs du groupe socialiste). C’est ce point de vue que je prends en considération, et non le point de vue des couples, qu’ils soient hétérosexuels ou homosexuels.

Je n’ignore pas les procès d’intention sur un éventuel « après » de cette proposition de loi qui préparerait des évolutions plus fondamentales de notre droit. Ce texte serait « une valise à double fond ». Je m’élève avec la plus grande énergie contre de telles insinuations.

Ce vocabulaire de contrebande, qui fait croire que ce texte cacherait autre chose et que vos rapporteurs et le Gouvernement exerceraient une fraude à la loi, est inacceptable (Applaudissements sur les bancs du groupe communiste, du groupe socialiste et du groupe RCV).

Bien au contraire, le débat que nous allons avoir doit être conduit en toute clarté et je souhaite y contribuer.

Posted in Humeur ..., Pour info ....

14 Comments

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  3. Je ne suis pas homophobe, loin de la ! Toutefois, selon Freud, le complexe d’Œdipe, qui définit une période où l’enfant est attiré par le parent de sexe opposé, est important. Ainsi, un enfant vivant avec des parents de même sexe pourra soit ne pas avoir son complexe d’Œdipe, soit être attiré par ses parents de même sexe que l’enfant. De plus, un enfant peut avoir du mal à se construire s’il n’est pas entouré quotidiennement de parents de sexes opposés. Les craintes pour le bien être de l’enfant sont nombreuses. A l’école, un enfant issu d’une famille homosexuelle peut subir des moqueries, des discriminations, des insultes appelant l’enfant à se poser des questions.  Voili voilou, c’est super swag sinon ! Kiss sur vos fesses <3

    • A savoir que la psychanalyse est très fortement controversée, accusée d’être une « pseudo-science ». Et il suffit d’y penser un peu pour se rendre compte que c’est bien le cas. C’est bien plus une croyance que d’une théorie psychiatrique. La brandir en tant qu’argument est donc invalide.

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  9. EXCUSEZ MOI POUR MON FRANCAIS
    JE SS TOUTE A FAIT D ACCORD OUR LE REFUS DES ADOPTION DES HOMOSEXUEL,ON PENSE UN PETIT PEU A L AVENIR ,SI ON ACCEPTE LE MARIAGE ET L ADOPTION DES HOMOSEXUEL , IL VAS DISPARAÎTRE LE COUPLE FEMME ET HOMME ET LA DISPARITION DES ENFANTS ….

    • Bonjour,
      Ce n’est pas tant votre français qui me choque, mais vos propos et les propos de cet article.

      Je tiens à donner un avis objectif sur cette situation: l’épanouissement d’un enfant dans une cellule homoparentale.
      Mes parents sont homosexuels: mon témoignage est donc des plus pertinents car je parle en connaissance de cause. Si l’on se réfère à cet article, je dois avoir une personnalité déconstruite, je suis malheureuse car en manque de repères et d’équilibre. Voilà mon avis sur la question.

      D’abord, au niveau scolaire, j’ai réussi avec brio mes études; mon enfance s’est déroulée normalement, sans événement particulier, j’ai été très bien intégrée : on a dû me faire une ou deux remarques, oui, car mes parents constituaient une différence; mais sincèrement, pas plus que l’intello du premier rang, la fille à lunettes, celui qui avait un appareil dentaire ou celle qui était nulle au foot.
      Je n’ai jamais ressenti en tout cas de stigmatisation particulière car, passée la surprise de la nouvelle, les gens s’en fichent. Cela concerne mes parents, pas moi. Même les homophobes me fichaient la paix: mes parents étaient homos, pas moi. Tout le monde sait faire la distinction entre eux et moi, que ce soit les autres enfants, mon entourage, les professeurs, etc.
      De plus, mes parents n’empiétaient pas du tout sur mes droits. et qui de mieux qu’un enfant d’homo pour juger si les homos privent, de par leurs choix, leurs enfants?
      Contrairement à ce que dit cet article, je n’ai jamais manqué d’une figure paternelle.
      C’est quoi, un père? Celui qui bricole dans le garage et engueule quand on ramène un contrôle pourri? Celui qui joue au foot et va faire du VTT? Qui donne une figure d’autorité dans la famille, apporte des valeurs fondamentales? Pas besoin de père pour le foot, le VTT, le bricolage, les engueulades, mes parents s’en chargent très bien. Et je ne manque ni d’autorité, ni de valeurs.
      Je suis totalement épanouie. L’éducation que m’ont fournie mes parents m’a lancée dans la vie et j’en suis heureuse, je ne me sens absolument pas blessée par leur mode de vie. Et n’est-ce pas le but premier que d’être épanoui?
      Mon objectif n’est pas de contredire fermement les opinions qui disent qu’un enfant a besoin d’un papa et d’une maman pour être heureux, le lecteur est encore libre de penser ce qu’il veut (et heureusement). Mais je demande juste qu’on remette en question les propos de cet article et ce commentaire, ou qu’on se renseigne auprès d’enfants d’homos: peut-être ai-je de la chance d’être tombée dans une famille « exception »? Qu’en pensent-ils, ces enfants? Ils sont les mieux placés pour expliquer après tout.
      Soyez tout de même sûrs d’une chose:
      J’ai deux mamans, et je suis heureuse.

      Une bonne journée à vous,
      Lou

      • Bonjour Lou,
        Merci pour votre commentaire qui a vraiment valeur de témoignage.
        Merci aussi, d’avoir argumenté sans jamais traiter vos « adversaires » d’homophobie, ce qui est malheureusement le cas le plus fréquent.
        Mais, vous reconnaitrez avec moi que l’on ne peut pas généraliser votre cas.
        Par ailleurs, quid du droit de l’enfant ? Cette loi, qu’on le veuille ou non, et contrairement à ce que nous a répété Christiane Taubira, enlève un droit fondamental à l’enfant adopté : celui d’avoir un père et une mère, qui lui donne une image naturelle de l’altérité.
        Encore merci pour votre contribution éclairée à ce blog.
        Christian Balboa

  10. Une eception, sans plus, ca peut exister.
    Rien qui change le fait qu’un couple doit etre composé d’un homme et d’une femme pour que l’enfant soit bien epanouie.

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