GPA : la « logique faux-cul » de Christophe barbier

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Dans plusieurs articles j’avais pointé la fourbe stratégie des petits pas adoptée par la gauche pour nous imposer ses choix sociétaux.

  • En 1998, lors du vote du PACS, Elisabeth Guigou, alors Garde des sceaux, nous promet – au nom de l’intérêt des enfants – que l’adoption ne sera jamais possible pour les couples homosexuels,
  • En 2013, Christiane Taubira fait voter la loi sur le mariage pour tous qui inclut le droit à l’adoption pour les couples de même sexe. Elle exclut la PMA (procréation médicalement assistée) pour les lesbiennes, et nous jure sur l’honneur de la République que jamais, au grand jamais, la GPA (Grossesse pour autrui) ne sera légalisée.
  • En 2015, un tribunal de Nantes, se pliant à la législation européenne, inscrit à l’état civil, trois enfants nés de GPA pratiquées à l’étranger.

Et voilà comment la marchandisation du corps de femmes est finalement légalisée sur le territoire français !

Rappelons-nous ce que déclarait Elisabeth Guigou, alors Garde des sceaux, en 1998, lors du vote du PACS :

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A propos de la PMA, elle déclarait :

«  Les procréations médicalement assistées ont pour but de remédier à l’infertilité pathologique d’un couple composé d’un homme et d’une femme. Elles n’ont pas pour but de permettre des procréations de convenance sur la base d’un hypothétique droit à l’enfant ».

Ces déclarations d’un Garde des sceaux socialiste battent en brèche tout le discours socialiste actuel sur le mariage, l’adoption pour les homosexuels et sur la théorie du genre !

Ce week-end, je tombe sur un numéro de l’Express, dans laquelle, je découvre, sidéré, l’éditorial de Christophe Barbier que vous trouverez reproduit en fin de cet article. Voici résumé la logique du directeur de la rédaction de l’Express :

1 – Il faut régulariser tous les enfants nés de GPA à l’étranger

D’abord je relève ce « bon mot » de l’édito : « ces nourrissons inédits [...] portés par les cigognes de la modernité« . Nous sommes donc priés de croire que la marchandisation du corps des femmes est une valeur positive associée à la modernité !

Aux yeux de monsieur Barbier, il « serait inhumain de fabriquer des orphelins apatrides« . Mais qui les fabriquent ces orphelins apatrides ? Est-ce la Justice française qui se base sur le respect de la personne humaine ou ne sont-ce pas plutôt ces couples de gays ou de lesbiennes qui violent la loi française et lui demandent ensuite de régulariser les conséquences de leur délit ?

2 – La reconnaissance des PMA et  GPA réalisées à l’étranger imposera l’autorisation de ces pratiques dans les hopîtaux français

L’argument « massue » employé par Christophe Barbier est celui de l’égalité car si ces pratiques sont autorisées à l’étranger et interdites en France, seuls les couples riches auront les moyens de se payer le voyage ! C’est un argument ahurissant ! Si l’on doutait que l’auteur de cet édito soit de gauche, on en est dès lors convaincu !

Il écrit sans vergogne : « La France, parce qu’elle ne peut entériner cette injustice sociale, qui réserve aux classes sociales favorisées le droit à l’enfant, doit légaliser la GPA et la PMA« .

Il parait que les Kalachnikov seraient moins chers à Belgrade que sur le territoire français ! Peut-on, au nom de la lutte contre les inégalités, autoriser l’importation libre de ces armes de façon à ce que les petits caïds des cités au revenu modeste puissent les acquérir au même prix que les truands chevronnés et bardés de tunes  ?

Notons aussi l’utilisation par Barbier du vocable «  le droit à l’enfant » qui résume à, lui seul la pensée de son auteur. Peu lui importe le « droit de l’enfant » à savoir d’où il vient. Ce qu’il faut c’est « jouir librement et sans entraves » dans un irresponsable  culte de l’individu à tout crin !

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3 – Selon Barbier, autoriser la GPA en France, c’est mettre fin à la marchandisation du corps des femmes !!!

Comme moi, vous avez dû relire trois fois la phrase pour bien vérifier sa signification … Et oui, vous avez bien compris ! Ecoutons Barbier :

« Légaliser la PMA et la GPA, c’est en arrêter les conditions, et donc rendre ces pratiques compatibles avec la République et ses valeurs. Ainsi, enfanter ne peut être un acte commercial: c’est gratuitement, par affection, altruisme ou militantisme que l’on peut porter la progéniture d’autrui. Comme l’on donne un rein à un parent, son sang à tous et ses organes à ceux qui survivront grâce à nous, on peut offrir neuf mois de son corps. Prêter son ventre, oui; le louer, jamais. Si la loi est celle-là, ceux qui paieront une mère porteuse, ici ou à l’étranger, ne pourront faire reconnaître leur enfant.

Monsieur Barbier est-il angélique, ou simplement un hypocrite de la pire espèce ? D’abord, on peut imaginer que, si la « location d’utérus » était gratuite, le nombre des « prêteuses » volontaires devrait drastiquement se réduire et donc entrainer la pénurie qui se traduirait immédiatement par un marché parallèle et clandestin. Par ailleurs, comment pourra-t-on vérifier qu’il n’y a pas eu versement d’argent, de dessous de table d’accouchement ?

 4 – Selon Barbier, la sécurité sociale ne devrait rembourser que la PMA des couples infertiles pas celle des lesbiennes …

Cette petite concession lâchée par l’éditorialiste aux adversaires de la généralisation de la PMA nous emmène au sommet de l’hypocrisie. En effet, combien de semaines, voire de jours, mettrait un gouvernement socialiste pour voter la gratuité pour tous de la PMA au nom de la lutte contre les inégalités !

Conclusion

Voici donc la « logique » hypocrite, faux-cul disons-le, de monsieur Christophe Barbier. C’est, j’en suis certain celle que pourrait suivre quelqu’un comme Alain Juppé – très « gay friendly » – s’il devait accéder à la présidence de la République.

Voici donc le texte intégral de l’édito de Christophe Barbier :

Comme une gerbe d’étincelles dans une poudrière, la triple décision du tribunal de grande instance de Nantes fait à nouveau sauter les barils de la polémique: suivant le droit européen, les juges ont exigé l’inscription sur les registres de l’état civil de trois enfants conçus à l’étranger par gestation pour autrui; suivant la tradition française, les opposants à la GPA ont relancé la guerre des moeurs, exigeant qu’on dresse de plus hautes barrières, que ces nourrissons inédits ne puissent franchir, même portés par les cigognes de la modernité.

Le nouvel édit de Nantes ne doit leurrer personne: tous les enfants nés à l’étranger d’une mère porteuse seront régularisés. Et c’est une bonne chose. D’une part, parce qu’il est inhumain de fabriquer des orphelins apatrides, qui pourraient être dotés de deux mères mais de zéro parent, et décrétés citoyens de nulle part en ayant des attaches dans deux pays. De l’autre, parce qu’il est impossible à la France de se bâtir comme un îlot juridique, inaccessible au droit européen et aux lois inexorables de la mondialisation.

Mais la lucidité doit être plus perçante encore, et le regard porté par-delà le brouillard juridique :reconnaître aujourd’hui les enfants nés par GPA à l’étranger imposera demain de valider ce procédé en France. S’il demeure interdit, cela signifie que les couples riches pourront payer des mères porteuses à l’étranger puis régulariser leurs enfants « à la douane », tandis que les foyers pauvres demeureront sans descendance. Il en est de même pour la procréation médicalement assistée (PMA) :une seule chose entrave les femmes homosexuelles désireuses d’y recourir, et ce n’est pas le droit, mais l’argent. La France, parce qu’elle ne peut entériner cette injustice sociale, qui réserve aux classes sociales favorisées le droit à l’enfant, doit légaliser la GPA et la PMA.

Il lui faut d’autant plus le faire qu’elle ne peut laisser triompher la sauvage marchandisation des ventres. Légaliser la PMA et la GPA, c’est en arrêter les conditions, et donc rendre ces pratiques compatibles avec la République et ses valeurs. Ainsi, enfanter ne peut être un acte commercial: c’est gratuitement, par affection, altruisme ou militantisme que l’on peut porter la progéniture d’autrui. Comme l’on donne un rein à un parent, son sang à tous et ses organes à ceux qui survivront grâce à nous, on peut offrir neuf mois de son corps. Prêter son ventre, oui; le louer, jamais. Si la loi est celle-là, ceux qui paieront une mère porteuse, ici ou à l’étranger, ne pourront faire reconnaître leur enfant.

De même, la PMA doit être accessible à celles qui vivent un amour entre femmes, comme elle l’est pour celles qui ne parviennent pas à avoir un enfant avec leur compagnon. Mais cette distinction entre le« choisi» et le « subi », entre le mode de vie que l’on embrasse et les handicaps dont on est frappé, est fondamentale. La collectivité doit être solidaire financièrement de ceux qui sont victimes, pas des autres, et la Sécurité sociale ne peut donc rembourser leur PMA ni leur GPA. C’est par les économies de ceux qui sont concernés, et surtout la générosité de leurs soutiens, que doit être organisée cette prise en charge – cette mutualisation évitera un autre clivage riches-pauvres.

La gauche, pétrifiée par la puissance de la Manif pour tous, n’ose plus relancer le débat sur la PMA et la GPA: c’est la politique de l’autruche. La droite, abonnée aux combats d’arrière-garde, se demande si elle va abroger le mariage homosexuel quand elle reviendra aux affaires : c’est la politique du rétroviseur. Pourtant, que l’on soit pour ou contre la légalisation de ces pratiques, il faudra bien en parler. Au XXI ème siècle, la société va plus vite que le politique, et le monde va plus vite que la société. Si la République se contente de suivre, elle subira au lieu d’inspirer.

Christian Barbier dans l’Express.







Posted in Coup de gueule, lâcheté de la droite, Mariage et adoption gay.

5 Comments

  1. Christophe Barbier où le faux-cultisme élevé au rang des beaux arts !

    Cet individu qui s’écoute parler et va même jusqu’à d’admirer en train de penser devient de plus en plus insupportable. Il incarne une gauche rampante et gluante mais prête à tout instant à changer d’opinion dès qu’une opposition argumentée lui tient tête.

    Sa participation à C’est dans l’air devient de plus en plus pénible.

    • bonjour

      j’ai lu votre commentaire, et j’ai constaté comme vous, qu’un changement radical s’est opéré depuis quelques années, et j’ai vraiment du mal à écouter certaines de ces réflexions que je trouve de plus en plus aberrantes , en ce qui concerne l’Express, encore un , que je ne feuillette même plus.

  2. Christophe Barbier un faux cul de première ! Je ne peux plus l’écouter, encore moins le lire tellement ses jugements ou analyses sont tendancieux. C’est un journaliste mondain comme il y avait des danseurs mondains avec des cheveux gominés. Il surfe en permanence sur les idées des autres pour in fine les accommoder à sa sauce. Son seul but c’est de courir d’un plateau TV à l’autre en n’oubliant pas son écharpe rouge (il doit avoir un vestiaire sur chaque chaine). Il n’a pas besoin de cette écharpe pour que l’on reconnaisse sa nullité et son allégeance au maitre du moment. J’ai plus de considération pour Roland Cayrol au moins avec lui on sait qui il est : un vecteur du socialisme hollandais.

  3. Je ne comprends pas qu’il n’y ait pas sur ce sujet , plus de réactions sur la revendication de « droit à l’enfant » , comme si un enfant était un objet, ou une chose quantifiable ou négociable ! Droit au bail, droit de propriété, droit à la retraite, je comprends. Droit au travail, droit au logement sont des abus de langage qui conduisent à des violations de droits réels de tiers ( cf les squatters )

    Par ailleurs, quand on sait quel est le parcours du combattant que doivent faire les couples cherchant à adopter, qu’il n’y a que 10 % des demandes qui aboutissent, malgré « l’offre » , on ne peut qu’être révolté par ce traitement particulièrement privilégié réservé à une population ultra minoritaire !

    Et la mauvaise foi de Barbier me dégoûte !

  4. J’ai lu cet éditorial par hasard hier soir et j’ai failli m’étrangler. Barbier a une parfaite diction, une plume alerte, mais des idées inconstantes, lâches et, en l’occurrence parfaitement immorales, J’ai entendu les arguments des LGTB, comme toujours d’un égoïsme absolu et d’une irresponsabilité totale. Mais au moins, ils assument sans honte ni scrupules. Barbier, lui, veut faire l’intelligent, argumenter, et faire comprendre qu’il s’appuie, lui, sur la modernité, le bon sens et la morale. On aura compris que ceux qui pensent autrement sont réacs ( la droite mène des « combats d’arrière-garde », dit-il), idiots et immoraux. Un vrai, pur et fier socialiste en somme. Le problème est que le bon sens, l’intelligence et la morale ne se retournent pas si aisément, et sur ce sujet, ils sont à l’évidence chez les défenseurs de la famille, des droits de l’enfant ( et non à l’enfant), de ceux qui refusent la marchandisation des corps, qui refusent de réduire une grossesse à un simple « prêt de ventre ». Alors Barbier, hypocrite à souhait ( à moins qu’il soit vraiment crétin), sort les avirons pour étayer comme il peut sa position bêtement idéologique. Ses arguments font pitié pour lui. Ainsi la « modernité » exigerait qu’on cède sans discussion aux caprices de tous les individus. Ainsi l’égalité, la divinité de gauche qui justifie d’abolir toute valeur, tout mérite, toute différence, exigerait aussi qu’on assimile l’homosexualité à une maladie: stérilité, insuffisance rénale, leucémie, Ainsi il voit des femmes en nombre qui « prêteraient leur ventre » aux homos, par pur altruisme, pour qu’ils « survivent » (!), ceci sans aucune réserve ni angoisse vis-à vis des aléas, effets secondaires, souffrances et risques de la grossesse et de l’accouchement, sans parler des dommages psychologiques de la séparation à la naissance et plus tard.Ben voyons! Tout ça me rappelle une pauvre folle suisse qui, devant Zemmour, avait sans rire soutenu que le divorce avait comme avantage d’apporter à l’enfant de la « fluidité »!

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