La peste ou le choléra : le debriefing …

la-peste-ou-le-cholera-debriefing

Tout d’abord, je dois exprimer toute ma reconnaissance aux nombreux contributeurs qui se sont exprimés tout au long des 57 commentaires déposés à ce jour.

Malgré la sourde et froide colère que, j’en suis sûr, vous partagez avec moi, je salue la qualité de ces contributions. On y trouve très peu d’invectives mais au contraire des argumentations fouillées sous forme de justification de vote.

C’est le genre de choses qui me paye mille fois du temps passé sur ce blog. Cela assure aussi le succès de la thérapie qu’il a représenté pour moi après la victoire du calamiteux petit président venu Tulle, où vous, moi et beaucoup d’autres, auront contribué à le renvoyer !

J’avais initialement envisagé de faire une synthèse des contributions, mais ayant constaté qu’elles allaient en grande partie dans le sens d’un vote pour Marine Le Pen et dans une moindre mesure dans celui de l’abstention. Je préfère mettre en exergue une des contributions qui m’a paru d’abord refléter la tendance générale mais aussi proposer la plus riche argumentation.

Avant de vous livrer le commentaire de Suzanne (qui une fois encore se distingue) – mille excuses pour d’autres contributeurs dont les posts auraient aussi mérité d’être promus – , je rappelle ici l’état actuel du sondage proposé dans l’article initial :

sondage-presidentielle-28-4-17

Voici donc la contribution de Suzanne :

A – Pourquoi je voterai pour marine Le Pen

En gros pour les mêmes raisons que votre épouse, cher Christian.

1 –  En ce qui concerne son programme économique, il est totalement nul ! Non, en fait, pas totalement …

  • Retraite à 60 ans. Waouh, quelle horreur! J’ai largement plus et déprime à l’idée d’arrêter de travailler. Ceci dit, elle tempère en y associant 40 annuités. Ce qui veut dire que seuls les non qualifiés (donc au SMIC) partiraient à 60 balais … Quelles répercutions sur le budget de la France ?
  • Prime de pouvoir d’achat de 1000 € par an pour les faibles revenus. Totalement démago et cher …
  • Majoration des heures sup et restauration de la défiscalisation proposée par Nicolas. : c’est OK
  • Maintenir le dispositif réduit de 15 % sur les sociétés TPE et PME : cela me semble raisonnable, d’autant qu’il serait accompagné d’un taux intermédiaire de 24 % au lieu de 33 %
  • Abroger la directive détachement des travailleurs et mettre une taxe additionnelle sur leur embauche : cela me semble une bonne idée : pourquoi payer moins cher des étrangers et favoriser le chômage des français ?
  • retirer la loi Konnerie : excellente chose. S’il y a-peu- de points positifs, je n’ai toujours pas digéré le principe du repos obligatoire saucissonné. Non seulement, dans mon domaine ppur les travailleurs, mais aussi pour les malades. (Intéressant, hein, d’être soigné par quelqu’un qui, après 18h non stop, au lieu des 11 heures de repos, n’en aura que 3, puis reprise du boulot puis 3 heures, etc…)
  • Baisser de 10 % l’impôt sur les 3 premières tranches : de la démago pure et dure.
  • Baisser le prix du gaz et de l’électricité (oui, mais que va dire la Mère Merkel ? Je doute que ceci puisse mis en place ! Faut bien payer les déficits dus aux débilités telles que les éoliennes et les panneaux photovoltaïques entre autres sottises escrologiques, lorsqu’in connaît le montant de la pollution, sans efficacité énergétique de ces inventions stupides et laides).
  • Le truc qui me gêne vraiment: reprise de la monnaie nationale. Tous les capitaux risquent de partir ailleurs (ce que, dans tous les cas, je ferai en juin)

Pour tout le reste, c’est OK, en fait.

  • Augmentation du budget de la défense,
  • Respect de l’indépendance des nations et des peuples, principe de réalisme, renfort des liens entre pays francophones,
  • Politique de co-développement avec les pays d’Afrique au lieu de les faire venir et de les loger-nourrir-soigner gratos.

2 –  Au niveau sociétal

  • Restitution de notre liberté et notre souveraineté = ouf, je pourrais, si j’en ai envie, malgré mon grand âge, monter sur un escabeau de plus de 3 marches, et manger des bananes ou des concombres à courbure variée, tout en me fichant comme d’une guigne du volume de ma chasse d’eau.
  • Défendre le droit des femmes en luttant contre l’islamisme et la précarité : 10 fois oui à l’interdiction du voile, de la burka et du « reste à la maison ou je te tabasse »), et mise en place obligatoire du principe : à travail égal salaire égal.
  • Revaloriser le montant du minimum vieillesse sous condition de nationalité française ou de 20 ans de résidence en France : oui, 3 fois oui. Je trouve même que 20 ans ce n’est pas assez. Allons y pour 40 ans, comme le nombre des annuités obligatoires pour toucher une retraite. Ce serait une vraie égalité ! (Un étranger et/ou un français peut bénéficier d’une allocation vieillesse de 800 € par mois même s’il n’a jamais travaillé et donc jamais cotisé. Il faut qu’il soit en situation régulière et qu’il soit en possession depuis 10 ans d’un titre de séjour. Ces procédures datent du 13 mai 1998 pour les étrangers pouvant justifier de leur résidence en France. Sachons que la polémique vient du fait qu’en réalité, ce n’est pas une pension de retraite mais une prestation compensatoire… c’est-y pas beau la novlangue !)

3 – Au niveau administratif

  • Instaurer le référendum populaire : 3 fois oui,
  • Proportionnelle à toutes les élections : débilité totale. (un point de moins !)
  • 3 niveaux seulement d’administration : pourquoi pas ! Nos régions sont devenues si grandes et si éloignées des besoins des habitants que je demande à voir si leur suppression ne serait finalement pas ad hoc (en tout cas, un grand point d’économies avec nombre de parasites qui ne seraient plus rémunérés 3 ou 4 fois pour travail fictif pour la droite et non fictifs pour la gauche)

4 – Sécurité 

  • Rétablir les frontières nationales : 3 fois oui !
  • Appliquer la tolérance zéro et en finir avec le laxisme judiciaire : comment être contre ?
  • Réduire l’immigration : comment être contre ?
  • Interdire et dissoudre les organismes liés aux fondamentalistes, reconquérir les zones de non droit, réarmer notre police, moderniser leurs équipements et imposer la présomption de légitime défense de nos policiers et gendarmes : qui peut être contre ?

5 – Divers

  • La France Fière : comment être contre ?

B – Pourquoi je ne voterai pas Manu-marche-sur-l’eau

Un bref aperçu de son programme (lu sur son papier dans les enveloppes reçues par tous)

  • Une chance pour tous ? What ?
  • Remise en place de l’apprentissage des fondamentaux … avec comme ministre la copine de Najat en pire ?
  • Droit universel au chômage ? Ben dites donc !
  • Réconciliation de la transition écologique avec l’industrie du futur et l’agriculture de demain … Whaou… Et sur le plan pragmatique, ça donne quoi, Manu ?
  • Faire respecter la laïcité en trouvant normal qu’une femme aille travailler en portant le voile, même dans le privé ? (ne serait-ce pas « oxymorique », si je puis me permettre ce néologisme, Manu ?)
  • Moraliser et responsabiliser la vie publique (en tapant sur l’adversaire politique à coups de calomnies, mais en refusant d’expliciter certains points vaseux de tes déclarations de revenus, de patrimoines… ? Waouh Manu, tu nous prends pour quoi ou pour qui ? Des illettrés ?
  • La vitalité économique mondiale que tu veux mettre en place ? Fais attention à tes chevilles Manu. Lorsqu’on marche sur l’eau avec des chevilles qui enflent, on risque de se noyer. D’autant que pendant tes 3 ans à l’Elysée et au ministère de l’économie, on ne peut pas dire que tu as brillé ! (excuses moi de te tutoyer, Manu-marche-sur-l’eau, mais si j’ai l’âge de ta mère-épouse, tu as l’âge exact de mon fils !)
  • 12 élèves par classe, mais uniquement dans les banlieues sensibles (ben voyons, avec des cours d’arabe ?)

Bref, lorsqu’on lit ce torchon, il n’y a rien de concret : du vide enrobé de vide et d’approximations.

Exemple : suppression de la taxe d‘habitation, et rien d’autre … alors que dans tous ses discours, il dit vouloir mettre en place un impôt sur les loyers fictifs (les gauchos, ça aime taxer le fictif … Surtout pour s’empiffrer dans les grands restos, de façon non fictive !)

  • La réorganisation de l’hôpital (avec Marisotte, Seigneur, prends pitié de nous !)
  • Les maisons de santé alors que nous n’avons plus de médecins compétents (ni même incompétents d’ailleurs, vu qu’il n’en sort plus et que nous devons nous rabattre sur des praticiens ayant fait des études au rabais dans des pays étrangers).
  • La dernière page est farcie de cadeaux pour tous qu’il a renié maintes et maintes fois dans ses discours !

Du vide, du vent, de la manipulation, digne de Hollandréou !

Sans compter que je n’aime pas la politique spéciale, que si je me fiche que mon voisin soit psychotique et qu’il épouse une vieille femme de l’âge de sa mère, ce n’est pas du tout la même chose pour un représentant de notre pays ! Et que je ne suis pas certaine qu’il ne soit pas à l’origine des délations calomnieuses envers Fillon…

C – L’abstention ou le vote blanc ?

En tant que Chrétienne, ( ;-) ) je n’aime pas particulièrement les Ponce Pilate, ceux qui se lavent les mains et laissent les autres faire leur boulot à leur place. Après, c’est une histoire d’appréciation.

Contrairement à mon plaidoyer, je ne suis pas FN, mais je voterai pour elle. Son programme n’est pas le plus débile, elle s’y est toujours tenue, et de toute façon, si elle passait, il faudrait bien faire des concessions … Elle n’aurait pas le choix.

Ce que je constate, c’est qu’il n’y a rien, strictement rien dans ces 2 programmes sur l’éthique, la liberté de penser et de s’exprimer, rien sur la sécurité des chrétiens, rien sur la place de nos origines culturelles (hormis le démantèlement des associations cultuelles dangereuses pour notre démocratie … sans doute les horribles crèches de Noël ? Surtout s’il intronise Baroin…)

4 pages d’argumentation, c’est bon ?

Amicalement Christian.

Suzanne pour Je suis stupide, j’ai voté Hollande.

Nota : pour fêter les 5 ans de ce blog, certains d’entre vous seraient-ils  intéressés à ce que nous nous retrouvions pour un déjeuner républicain (de droite) à Paris ? Merci de vous faire connaitre via cet email







Insurrection électorale

le-paradoxe-du-favori-macron

Voici l’édito d’Yves de Kerdrel, directeur de publication de Valeurs actuelles, dans la dernière édition de son magazine :

Faut-il que la France soit en colère, faut-il qu’elle soit en état d’insurrection et au bord de la révolution pour exprimer dans les urnes son désir de renverser la table.

yves-de-kerdrel

Yves de Kerdrel

  • Les sympathisants du Front national d’abord avec leur attachement à l’identité française, à la reconstitution de frontières et à une immigration zéro.
  • Les gauchistes envoûtés par Jean-Luc Mélenchon, son rêve cubain, son alliance bolivarienne et son impôt à 95 %.
  • Les derniers socialistes, figés derrière le personnage de cire de Benoît Hamon et sa volonté d’envoyer promener le tandem franco-allemand.
  • Sans compter les « antisystème » de Nicolas Dupont-Aignan,
  • Les complotistes de François Asselineau et Jacques Cheminade,
  • Les trotskistes de Philippe Poutou et Nathalie Arthaud
  • et les amis de Jean Lassalle.

De fait, pour la première fois dans l’histoire de la V ème République, le second tour d’une élection présidentielle ne va compter ni représentant du Parti socialiste, ni représentant de la droite de gouvernement, héritière du gaullisme ou du libéralisme. Il faut mesurer l’importance de ce séisme. Faut-il que la France soit furieusement en colère, faut-il qu’elle soit en état d’insurrection virtuelle, faut-il que nos concitoyens soient au bord de la révolution pour exprimer ainsi dans les urnes leur désir de renverser la table. Après les Américains, les Britanniques et les Italiens.

Les raisons de cette colère, cela fait cinq ans que Valeurs actuelles les pointe, numéro après numéro, sous les sifflets de la bien-pensance, et les encouragements de lecteurs, chaque semaine plus nombreux. Il y a la dislocation de l’autorité de l’État auquel le quinquennat de François Hollande a donné le coup de grâce. Au point que notre pays compte aujourd’hui 650 zones de non-droit où ne peuvent accéder ni les forces de l’ordre, ni les pompiers, ni les médecins. Il y a cette immigration galopante sur fond d’islamisation de notre beau pays. Et beaucoup d’entre nous redoutent aujourd’hui le moment où, comme le dit Philippe de Villiers, nous n’entendrons plus sonner les cloches. Et puis il y a cette faillite économique du pays avec une dette de 2200 milliards d’euros, 6 millions de chômeurs, un nombre record de Français qui ne parviennent plus à boucler leurs fins de mois, notamment parmi ceux qui se lèvent tôt et se tuent à la tâche. Surtout, pour la première fois dans l’histoire de notre pays, cela fait cinq années consécutives que la richesse par habitant diminue, installant la France sur la voie de la Grèce.

Le paradoxe, c’est que le favori du second tour de cette élection présidentielle
est un candidat qui incarne tout ce que ces Français en colère ne veulent plus voir.

  • Il incarne la négation de l’identité et de la culture française qu’il a piétinée pendant sa campagne.
  • Il incarne la soumission aux traités européens qui enferment les gouvernements successifs dans des politiques de rigueur qui vont faire de la France un malade qui mourra guéri.
  • Il incarne l’infernale endogamie du petit monde médiatico-politique.
  • Il incarne sa soumission aux seuls intérêts financiers, aux communautarismes, au lobby LGBT (avec ses revendications en matière de PMA et de GPA).
  • Il incarne une société où tout est marchandise, où tout se monnaye, y compris des postes, des ralliements et des investitures, comme le montre son accord avec François Bayrou.
  • Mais pire que tout cela, il incarne les cinq années que nous venons de vivre avec François Hollande dont il a été le collaborateur le plus proche et le ministre le plus dévoué.

Bref, il est à lui seul, les quatre pieds de cette table que les Français ont décidé de renverser. Sans doute sera-t-il élu par défaut. Mais par des Français qui auront perdu tout espoir dans la politique.

PS : Pour la sixième fois en quatre ans, votre hebdomadaire a été récompensé pour ses performances en matière de constance dans l’accroissement de la diffusion. Ce succès est avant tout le vôtre. Merci pour votre fidélité.

Yves de Kerdrel pour Valeurs actuelles.







Michel Onfray: les vrais responsables de la montée inexorable du FN

michel-onfray-cette-etrange-perversion

Dans une interview donnée au Figaro,  Michel Onfray analyse les résultats du premier tour de l’élection présidentielle et notamment le score important réalisé par le Front national. Il considère que le parti de Marine Le Pen est moins combattu qu’utilisé comme épouvantail pour que rien ne change.

Dans cette interview, le philosophe exprime ses remerciements ironiques à tous ceux qui ont oeuvré à la montée du Front national tout en faisant mine de le combattre  :

« Cette étrange perversion qui consiste à nourrir le monstre Le Pen qu’on prétend combattre »

  • à tout seigneur tout honneur, commençons par François Mitterrand ! Merci à lui qui, en renonçant à la gauche avec son tournant libéral en 1983 et en renonçant également à toute souveraineté, donc à toute possibilité de faire de la politique avec Maastricht en 1992, a vidé la gauche de sa substance et laissé les pleins pouvoirs aux marchés.
  • Merci à tous les socialistes qui ont avalisé ce virage à droite de leur camp et voté «Oui» à Maastricht, dont un certain Jean-Luc Mélenchon.
  • Merci au PCF qui , pour des raisons boutiquières (il lui fallait payer ses cadres et ses permanents…) s’est contenté d’une opposition verbale pendant qu’il collaborait la nuit à cette politique qu’il dénonçait le jour.
  • Merci au même Mitterrand qui a promu comme nouveau modèle de gauche l’homme d’affaires bien connu des tribunaux et des gardiens de prison, Bernard Tapie, avec un message simple: l’argent est le dieu des temps moderne, le patron est son prophète et la gauche à son service. 
  • Merci à Serge July et, déjà, à Laurent Joffrin qui, en 1984, dans Libération , ont fait une mémorable opération marketing et politique avec une «une» intitulée: «Vive la crise !» dans laquelle Yves Montand, un ancien stalinien reconverti dans la gauche caviar, fustigeait les chômeurs coupables de ne pas créer leurs entreprises et morigénait ces salauds de pauvres coupables d’être des assistés.
  • Merci à Terra Nova, le think tank de cette gauche de droite qui, en 2012, faisait circuler une note stipulant qu’il fallait abandonner les ouvriers, le prolétariat, les précaires au Front national, où ils étaient de toute façon déjà partis (la faute à qui ? À ces gens-là…) pour se concentrer sur un autre cœur de cible comme on dit: le peuple de substitution issu de la pensée structuraliste – homosexuels, LGBT, immigrés, fumeurs de pétards, les bobos contre les prolos.
  • Merci à cette gauche qui, en bon soldat du capitalisme soucieuse de disposer d’une main d’œuvre bon marché, a adoubé l’immigration comme « une chance pour la France » et qui a généré cette hyper-prolétarisation d’un monde dont l’avant-garde a imaginé le salut dans un islam politique ennemi de la liberté, de l’égalité, de la fraternité, de la laïcité, du féminisme.
  • Merci à la gauche caviar et à la droite cassoulet, à l’époque Hollande et Chirac, puis Sarkozy, d’avoir méprisé le peuple quand, en 2005, il a voté « Non » à la formule libérale de l’Europe et qu’en 2008 ces branquignols lui ont tout de même imposé cette Europe en mobilisant les représentants du peuple contre le peuple, ce qui fut perçu par les nonistes comme un coup d’État, un véritable déni de démocratie.
  • Merci aussi à tous les va-t-en guerre qui, derrière BHL, Kouchner, Pierre Bergé, Valls, tous ralliés à Macron, ont justifié et légitimé toutes les guerres qui ont détruit des États laïcs musulmans comme l’Irak et la Libye. Ces guerres ont généré une anarchie à l’origine des flux migratoires partout en Europe, de milliers de morts en Méditerranée, et de quatre millions de morts musulmans sur la planète.
  • Merci à Pierre Bergé qui a clairement dit que les femmes pauvres n’avaient qu’à louer leurs utérus aux riches qui voulaient acheter un enfant et qu’il s’agissait d’un progrès de gauche …

On comprend qu’aucun de ceux qui ont ainsi rendu possible Marine Le Pen ne puisse faire autre chose que la transformer en diable alors qu’ils ont nourri consciencieusement ce démon qu’ils prétendent haïr depuis un quart de siècle, mais qui leur est bien utile pour obtenir que la présidence de la République soit toujours assurée par l’un des leurs – un ami du capital …

Propos recueillis par Vincent Tremolet de Villers auprès de Michel Onfray pour le Figaro Premium

Ces remerciements, quasiment tous adressés à la gauche, sont indiscutables et constituent un véritable réquisitoire contre l’instrumentalisation du Front national initiée par François Mitterrand. Il prouve à quel point la gauche est illégitime à convoquer un front républicain pour terrasser la bête qu’elle nourrit depuis trente ans !







Le front républicain n’est plus ce qu’il était ! Par Eric Zemmour

Voici la chronique d’Eric Zemmour, ce matin sur RTL. Il fait le point sur le front républicain, un concept moribond, que certains voudraient ressusciter …

le-front-republicain-se-fissure

Lancement d’Yves Calvi : comme en 2002, de nombreuses voix appellent à la constitution d’un front républicain pour faire barrage à Marine Le Pen. Sont-elles entendues ?

Eric Zemmour : Il y a comme un manque ! Pas de jeunes dans la rue ! Pas de cris : « le fascisme ne passera pas ! » Pas d’émission sur France Télévisions pour rappeler les heures les plus sombres de notre histoire ! Tout fout le camp !

Ah, c’était mieux avant ! Le front républicain a des ratées. Le front républicain est laborieux. Heureusement, il reste les représentants des religions, chrétienne, juive, musulmane, pour se mettre comme un seul homme derrière Emmanuel Macron. L’habitude, sans doute, de croire dans un seul dieu !

Pourtant, tout avait commencé sur les chapeaux de roue ! A la manière des dirigeants socialistes, le soir du 21 avril 2002, François Fillon s’était empressé d’annoncer son ralliement à son rival heureux, comme s’il était pressé de rentrer dans le rang et de se réconcilier avec ses procureurs médiatiques et judiciaires. Les électeurs de droite qui avaient voté Fillon, afin d’éviter Macron, avaient la tête de celui qui découvre que sa femme couche avec son meilleur ami !

Mais Jean-Luc Mélenchon, lui, ne jouait pas le jeu et refusait de se coucher devant le nouveau maître. les invectives de ses anciens amis socialistes, de ses nouveaux amis communistes ne tardaient pas ! C’était plus qu’une faute, c’était un crime ! Un crime de lèse-majesté, un blasphème. Le combat anti-fasciste est à gauche un dogme qui ne souffre pas de discussion ! Déjà, en 2002, seuls Lionel Jospin et Arlette Laguiller avaient reconnu que tout cela n’était que théâtre.

Mais, en 2017, la pièce ne marche pas ! Elle suscite dans le public désintérêt voire sarcasmes ! A droite aussi, certains regimbent. Les militants de Sens commun refusent de voter Macron, Eric Ciotti et Laurent Wauquiez, aussi ! Christine Boutin est même prête à voter Marine Le Pen ! En revanche, un Bruno Le Maire court à la poursuite de l’homme qui marche … court après un maroquin, d’abord. Il n’est pas le seul ! Tous les anciens juppéistes, Jean-François Coppé, Christian Estrosi ou encore Valérie Pécresse, Nathalie Kociusko-Morizet sont sur cette ligne ! Le PS a explosé avant le premier tour. Les Républicains pourraient exploser avant le second !

les-yeux-d-eric-zemmour

Relance d’Yves Calvi : Alors pourtant, en 2002, le front républicain avait été, lui, unanime !

Eric Zemmour : Oui, c’est la grande différence avec 2002 ! Alors, le front républicain était un héritage historique, même contrefait. Jean-Marie Le Pen incarnait, à tort ou à raison, un passé honni. C’est un des acquis de la stratégie dédiabolisatrice de Marine Le Pen et de Florian Philippot, qu’on ne peut décemment pas les associer à la collaboration. Le front républicain de 2017 n’est pas entré dans l’histoire mais dans la géographie ! C’est à Bruxelles ou à Berlin, à Strasbourg qu’ont été façonnés les modèles de la majorité macroniste, dans ces grandes coalitions englobant centre gauche et centre droit.

Pas étonnant qu’on retrouve derrière Macro, Juppé, Bayrou, Valls, Raffarin, tout ceux qui auraient pu, auraient voulu rassembler la même majorité derrière eux. Pas étonnant non plus que Mélenchon se soit, d’instinct, montré plus revêche. Dans sa campagne, le candidat de la France insoumise, a basculé dans le nouveau clivage entre le peuple et les élites, entre le bas et le haut, refusant de rester dans les vieilles cases de l’affrontement droite-gauche. Pour Mélenchon, Marie Le Pen n’est pas un adversaire, mais un rival !

Emmanuel Macron a voulu inaugurer une nouvelle ère. Il est servi !

Eric Zemmour pour RTL.







Macron poursuivra le laxisme judiciaire de Taubira

ce-tueur-de-flic-aurait-du-etre-en-prison

Dans cette période électorale, la presse n’a pas cru bon de développer le fait que le policier Xavier Jugelé a été une victime, certes du terrorisme islamique, mais aussi du laxisme de la justice. Le mot d’ordre de Christiane Taubira: « La prison n’est pas la solution, elle est le problème » a fait énormément de dégâts et devrait faire réfléchir les Français qui s’apprêtent encore à voter pour Emmanuel Macron. Il est à craindre, en effet, que ce dernier, très à gauche « sociétalement » parlant, ne poursuive la politique judiciaire laxiste du quinquennat Hollande.

A ce sujet, voici un article extrait du dernier Bulletin d’André Noël n°2514 paru le 24 avril 2017 :

Le tueur islamiste des Champs-Elysées aurait dû être en prison !

Après l’attentat islamiste perpétré sur les Champs-Elysées contre des policiers et qui fit un mort et trois blessés, le premier ministre a eu le front d’accuser … Marine Le Pen et François Fillon d’instrumentaliser cette sanglante tragédie à des fins électorales. Comme si la sécurité des Français et la lutte contre le terrorisme islamiste n’étaient pas déjà en eux-mêmes un enjeu électoral important !

D’ailleurs, cet enjeu-là a remplacé le chômage dans la hiérarchie des préoccupations des Français. Si l’on suit le premier ministre, il faudrait donc neutraliser cette question dans le débat présidentiel, comme s’il était indifférent de savoir quel est l’homme ou la femme qui auront la force de caractère, la détermination et la volonté de mettre en oeuvre tous les moyens pour vaincre Daech !

Quelques jours auparavant, François Hollande avait cru pouvoir se vanter de « laisser la France dans un meilleur état » que celui qui était le sien lorsqu’il a accédé au pouvoir. Dans ce bilan auto-satisfait et « globalement positif », comme eût dit feu Georges Marchais de l’URSS, Hollande passe tout simplement par pertes et profits – hors bilan ! - les 247 personnes assassinées par les islamistes sous son quinquennat, sans compter les milliers de blessés parfois mutilés à vie. C’est sans précédent et ce n’est pas la faute à « pas de chance » mais à l’absence d’une détermination dont la motivation est de refuser « l’amalgame » entre islam et islamisme alors que le second procède du premier et que tous les terroristes, sans exception, étaient musulmans.

A cela se sont greffées la culture de l’impunité et la volonté d’épargner la prison aux délinquants, les islamistes et les agresseurs de policiers comme les autres.

C’est pour cette raison que l’itinéraire du terroriste qui a abattu
le policier sur les Champs-Elysées est tristement exemplaire.

Karim Cheurfi, le terroriste, avait tenté en 2001, à l’âge de 27 ans, de tuer par deux fois des policiers. Il avait été condamné à une peine de quinze années de réclusion, au cours desquelles il a agressé des surveillants et un codétenu. Néanmoins, il n’a pas accompli la totalité de sa peine puisqu’il est sorti de prison en … 2012, au moment où Christiane Taubira devint garde des Sceaux, pure coïncidence sans doute.

Loin de s’amender et de se « réinsérer » – c’est pourtant l’objectif poursuivi par la libération anticipée ! – il organise un cambriolage quelques mois plus tard, ce qui lui vaut, l’année suivante, quatre ans de détention supplémentaires, dont deux avec sursis et mise à l’épreuve. Lorsqu’il sort à nouveau de prison, le 14 octobre 2015, Cheurfi doit rechercher une activité professionnelle et se soumettre à des consultations chez le psychiatre. Mais il ne respecte pas les clauses de sa mise à l’épreuve, ce qui aurait dû entraîner une révocation de son sursis et donc un retour en prison. Il n’en fut rien !

Pourtant, à cette époque, la justice reçoit des informations inquiétantes. Et cette fois, il s’agit de lutte antiterroriste. La section spécialisée du parquet de Paris obtient une confidence selon laquelle Karim Cheurfi cherche à se procurer des armes. Il veut, dit-on, viser des policiers pour venger la mort d’enfants syriens.

Les magistrats veulent une simple « évaluation » (!) de son cas et chargent la police judiciaire de Meaux de l’entendre. Le 23 février dernier, le suspect est placé en garde-à-vue. Il nie. Aucune vérification informatique, certes, ne permet d’étayer les soupçons sur sa volonté de se procurer des armes pour tuer des policiers. Mais que dire de ces poignards, de ces serflex (petits colliers de serrage en plastique pouvant servir à entraver une personne) et de ce masque de film d’horreur retrouvés en perquisition ? Les serflex ? « Utiles au bricolage », dit-il, sans rire. Les couteaux ? « Pour découper les poissons » ! Le masque ? « Bientôt carnaval » !

Les investigations sont, finalement, confiées à des gens plus sérieux de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Karim Cheurfi intègre le fichier des radicalisés, comprenant quelque 15 000 noms, sans pour autant tomber sous le coup d’un classement en fiche S qui aurait pu servir à vérifier ses déplacements.

Il se rend en Algérie entre le 15 janvier et le 14 février. Il aurait dû avertir la justice de ce déplacement. Le parquet de Meaux saisit donc le juge d’application des peines de ce manquement à ses obligations. Le 7 avril, Karim Cheurfi se rend à la convocation de ce jeune magistrat auquel il explique qu’il est allé au pays pour se marier.

Le juge le « rappelle à ses obligations » seulement alors qu’il aurait dû révoquer son sursis pour ce manquement grave. Il ne retourne donc pas en prison et comme il s’est bel et bien procuré des armes, il s’en sert pour tuer ce malheureux policier.

Extrait du Bulletin d’André Noël.

On ne peut que constater que Karim Cheurfi rejoint la longue liste des délinquants multirécidivistes que la Justice laisse en liberté et qui font couler le sang des Français et prennent la vie de beaucoup d’entre eux !

les-5-terroristes

En janvier 2015, dans cet article : « Quel est le point commun entre les frères Kouachi,  Coulibaly, Mehdi Nemmouche et Mohamed Merah ? », je pointais déjà le profil de ces terroristes, avec les sous-titres suivants :

  • Coulibaly, condamné à 5 ans de prison en 2013 (au total 18,5 années de prison prononcées mais non exécutées),
  • Kouachi, parti au Yémen malgré son « contrôle judiciaire »,
  • Nemmouche, braqueur multirécidiviste,
  • Mohamed Merah, libre à 23 ans malgré 18 condamnations.

Pensez-y avant de glisser un bulletin Macron dans l’urne !







 

La grande escroquerie du front républicain

Manifestations anti Front national

Manifestations anti Front national

La presse fourbit ses armes pour terrasser le diable frontiste. Elle a commencé piano mais va monter en puissance dès que les sondages vont montrer que l’écart se ressère entre leur chouchou et son adversaire honni. Le front républicain va, une fois de plus, être sorti des tiroirs, dépoussiéré et brandi comme un crucifix face à l’ignoble vampire.

Je viens de lire un excellent article paru dans Causeur.fr sous la plume d’Anne-Marie Le Pourhiet, juriste, professeur de droit et spécialiste du droit constitutionnel. Elle démonte le concept du front républicain et montre que, sous beaucoup d’aspects, le programme de Marine Le Pen est beaucoup plus « républicain » que celui d’Emmanuel Macron !

Je vous livre ici juste un résumé synthétique des principaux arguments d’Anne-Marie Le Pourhiet, tout en vous conseillant la lecture de l’article complet dans Causeur.fr.

« Front républicain » : l’imposture en marche !

De Macron ou Le Pen, l’antirépublicain n’est pas celui qu’on croit

Emmanuel Macron est-il vraiment républicain ?

  • Anne-Marie Pourhiet

    Anne-Marie Pourhiet

    La repentance coloniale allant jusqu’à accuser la République de Jules Ferry de « crime contre l’humanité », est-ce républicain ?

  • Généraliser les discriminations positives, est-ce républicain ?
  • Dénier l’existence de la culture française, est-ce républicain ?
  • Le culte de l’évanescence, de la mobilité, l’éloge du mondialisme et du sans-frontièrisme, sont-ce des valeurs républicaines ?
  • Le saupoudrage de « droits » distribués à toutes les communautés, est-ce républicain ?
  • La candidature de Macron, elle-même,  rompt totalement avec la tradition républicaine ! La vacuité et la contradiction des propositions sont clairement assumées et revendiquées par un personnage hors-sol.

Marine Le Pen est-elle vraiment une ennemie de la République ?

  • L’organisation d’un référendum sur l’Europe et l’euro est-il anti-républicain ou un vrai retour à la démocratie ?
  • Limiter l’immigration et donner une priorité d’embauche aux nationaux (déjà appliquée en Grande-Bretagne), ne sont pas des mesures contraires aux valeurs républicaines.
  • Il n’existe rien, dans la tradition et les principes républicains, qui impose le droit du sol.
  • Rien dans la République n’oblige à ouvrir les frontières sans limites, rien n’interdit les quotas d’immigration.
  • Rien n’impose, dans la Constitution, l’égalité entre nationaux et étrangers. Le Conseil constitutionnel le rappelle : « Aucun principe non plus qu’aucune règle de valeur constitutionnelle n’assure aux étrangers des droits de caractère général et absolu d’accès et de séjour sur le territoire national ».
  • Le droit d’asile est strictement réservé par la République à « tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté ». La gauche n’en fait-elle pas un usage abusif ?

Et voici la conclusion de l’article d’Anne-Marie Le Pourhiet

Que l’on discute donc, honnêtement et point par point, de la qualité, de l’opportunité, de la faisabilité et de l’efficacité respectives des propositions des deux protagonistes du deuxième tour, c’est un exigence démocratique.

Mais que l’on arrête cette imposture consistant à prétendre opposer un prétendu front républicain à une candidate dont les préoccupations sont sûrement moins éloignées de la tradition républicaine que la personnalité et le  catalogue de son rival.

Michel Onfray a eu bien raison d’observer, dans Le Figaro du 24 avril, la malhonnêteté intellectuelle et l’hypocrisie phénoménale de tous ceux qui crient à un loup qu’ils ont minutieusement fabriqué pour faire triompher au final l’ectoplasme postmoderne si peu républicain qu’ils appellent de leurs vœux.

Anne-Marie Le Pourhiet pour Causeur.fr.

Voici l’interview de Michel Onfray à la quelle fait-allusion l’article :

« Cette étrange perversion qui consiste à nourrir le monstre Le Pen qu’on prétend combattre »

En fait, la gauche confond toujours les valeurs de la République, avec des règles de morale qu’elle-seule a édictées et qu’elle entend imposer à tous !

Par ailleurs, il faut être de la dernière arrogance pour oser demander aux électeurs de François Fillon au premier tour de rejoindre le front républicain alors que ce candidat a été scandaleusement éliminé par un complot politico-médiatico-judiciaire piloté par le pouvoir socialiste qui a foulé au sol toutes les valeurs de la république et notamment l’indépendance et l’impartialité de la justice !







 

Abstention, vote blanc ou nul : la tentation du « sans nous ! »

vote-blanc-nul-ou-abstention-la-tentation-du-sans-nous

Pour faire suite à mon précédent article : « Le Pen ou Macron, soit la peste ou le choléra. Ouvrons ici le débat !« , voici un billet paru dans le magazine l’Opinion sous les plumes de Jean-Jérôme Bertolus et Irène Inchauspé :

Finie la dramatisation de 2002! Le FN ne fait plus vraiment peur. Par stratégie, dégoût ou désintérêt, les électeurs pourraient bouder le second tour. Avec quelles conséquences ?

Les faits - Ni Les Républicains, ni Jean-Luc Mélenchon n’ont appelé à voter Emmnanuel Macron qui n’a pas, lui-même, dramatisé la présence de Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle. Un climat qui n’incite guère les électeurs qui n’ont pas voté pour lui à voler au secours de sa victoire. Certains envisagent donc de voter blanc ou nul ou d’aller à la pêche le 7 mai.

Ce n’est pas vraiment une « drôle de guerre », mais déjà un « drôle d’entre-deux tours ». Marine Le Pen est au second tour de l’élection « reine » en France, la présidentielle ? Personne ne semble franchement s’en émouvoir. Au Front national, on s’étonne même qu’il n’y ait pas de manifestations monstres, comme en 2002, lorsque le père de la candidate s’était retrouvé dans la même situation. Déjà, après le très bon score du FN lors des élections régionales de décembre 2015, François Hollande avouait sa stupéfaction face à l’absence de réaction en France, se remémorant les 400 000 manifestants à Paris treize ans plus tôt. « Il n’y a pas eu de prise de conscience de ce qui s’est passé dimanche. Tout le monde a regardé le résultat avec un ordre d’arrivée et on a oublié que c’était quand même Marine Le Pen qui était au deuxième tour », expliquait-il encore mardi, en marge d’un déplacement à Laval. Une leçon aux électeurs ? A Emmanuel Macron ?

Aucune tonalité dramatique en effet dans le discours du candidat d’En Marche !, au soir du premier tour. « C’est comme si Emmanuel Macron affrontait un concurrent de l’arc républicain », note Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop. « On a vu un candidat faire la fête. Il faudrait qu’il nous aide un peu s’il veut que l’opinion rejoue la grande peur de 2002, ajoute Jérôme Sainte-Marie, président de Polling Vox. Avec un tel comportement, il ne donne pas envie de voler au secours de sa victoire. »

Anti-système. « On n’oublie rien de rien, on s’habitue c’est tout », chantait Jacques Brel. Après tout, chacun des candidats à la fonction suprême, y compris Emmanuel Macron, affirmait être « anti-système », reprenant un thème cher au Front national. Rien de tel pour banaliser sa candidate et inciter tous les électeurs à « faire turbuler » le cadre politique classique. « Le Front national s’est institutionnalisé. Il fait désormais partie du paysage politique et médiatique », observe Frédéric Dabi. Election après élection, le FN est dans les urnes et sur les plateaux de télévision. La qualification de Marine Le Pen pour la finale était dans toutes les têtes et prévue de longue date par les sondages. « Le fait qu’elle n’arrive pas première est apparu paradoxalement comme un soulagement, juge François Gemenne, chercheur en sciences politiques à l’université de Liège. Les gens se disent que c’est plié ».

A gauche, beaucoup redoutaient surtout la qualification de François Fillon face à Marine Le Pen. Une fois les résultats connus, les socialistes ont donc tous appelé à voter Emmanuel Macron. La routine. Rien à voir avec la dramatisation de Manuel Valls en 2015, qui plusieurs semaines avant le premier tour, évoquait déjà l’hypothèse d’un retrait des listes socialistes en cas de risque FN. Du côté des Républicains, on a préféré la sauvegarde de l’unité, voire pour certains la tactique, au grand principe édicté par Jacques Chirac. Le 24 avril, à l’issue d’un débat houleux, le bureau politique de LR a accouché d’un bref communiqué appelant « à voter contre Marine Le Pen ».

Très divisée, la droite républicaine n’appelle donc pas à voter explicitement pour Emmanuel Macron, et si elle précise que « l’abstention n’est pas une solution », elle autorise le vote blanc. « Les législatives sont proches. Il est difficile pour LR de mettre beaucoup d’ardeur à se battre pour Emmanuel Macron, alors que quelques jours après le deuxième tour, le parti se retournera contre lui sur le terrain », observe Roland Cayrol, directeur de recherche associé au Cevipof.

Alors qu’Emmanuel Macron pourrait déjà avoir fait le plein de « vote utile » au premier tour, les reports de voix traduisent ce drôle d’entre-deux-tours. « A gauche, l’électorat est devenu hybride, alors que ce n’était pas le cas en 2002 », analyse Emmanuel Rivière, directeur général de Kantar France (Sofres). Le 25 avril, dans son dernier baromètre, pour Fiducial et Paris Match, l’Ifop mesure ainsi que 48 % des électeurs de Jean-Luc Mélenchon au premier tour devraient se porter sur Emmanuel Macron, mais 33 % pourraient s’abstenir et 19 % se porter sur Marine Le Pen. A droite, le désarroi est aussi palpable. 47 % des électeurs de François Fillon au premier tour se porteraient sur Emmanuel Macron mais 27 % devraient s’abstenir et 26 % choisir le FN.

Crédit illustration : Kak - L'Opinion

Crédit illustration : Kak – L’Opinion

Participation. Reste donc la question essentielle de la participation. Sous la Ve République, à l’exception de 1969, elle a toujours été plus forte au deuxième tour qu’au premier. « En 2002, près de 2 millions d’électeurs supplémentaires s’étaient déplacés lors du deuxième tour, explique Emmanuel Rivière. Cette fois-ci, que vont faire par exemple les électeurs de Mélenchon ? Voter blanc ? Remettre un bulletin Mélenchon dans l’urne ou s’abstenir ? ». Comme si, près d’un demi-siècle après, le « bonnet blanc et bonnet blanc » de Jacques Duclos, le candidat communiste, pourrait retrouver de la vigueur.

« Nous ressentons le même matraquage qu’en 2002, explique Olivier Durand, président de l’Association pour le vote blanc. Celui-ci serait un vote irresponsable, dangereux, démocraticide. Si l’un des deux candidats convient à l’électeur, tant mieux, sinon il doit pouvoir voter blanc plutôt qu’à contrecœur pour l’un d’entre eux. »

Sur Twitter, la formule « on me demande de faire barrage, mais je ne suis pas un castor » rencontre un réel succès. Certains estiment que le sursaut républicain de 2002 n’a pas servi à grand-chose. Même si Jacques Chirac avait alors prononcé un discours empreint de gravité, rien n’a été fait pendant son mandat pour endiguer la montée du FN. Et ceux qui lui ont succédé n’ont pas fait mieux, voire pire en allant chasser sur ses terres. « On ne nous aura pas deux fois », concluent ceux qui rejettent la consigne du vote Macron comme une injonction venant surtout de l’establishment.

« Tant que les sondages donnent 60 % des voix pour Emmanuel Macron et 40 % pour Marine Le Pen, il n’y aura pas de forte mobilisation, estime Jérôme Sainte-Marie. Si les scores se resserrent, en revanche, cela pourrait démarrer ». Dans les deux cas, même avec un FN à 40 %, le nouveau président de la République ne devrait plus avoir très envie de faire la fête.

Jean-Jérôme Bertolus et Irène Inchauspé pour l’Opinion.

Un raisonnement qui vaut ce qu’il vaut …

Au premier tour, Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont obtenu respectivement 24,01 et 21,30 %.

François Fillon en a obtenu 20 %.

Si j’en crois le sondage mis en place dans mon précédent article (le 25 avril à minuit), au second tour, 51,4 % des votants vont se reporter sur Marine Le pen et 28,9 % sur Emmanuel Macron.

Si l’on considère que les lecteurs de ce blog sont plutôt de droite et forment une population comparable aux électeurs de François Fillon et qu’on applique les pourcentages précédents au score de François Fillon (20 %), on arrive au résultat suivant :

macron-vs-le-pen

On voit que par le simple report des voix de François Fillon, Marine Le Pen repasse devant Emmanuel Macron de 1,79 %. Le peu d’électeurs mélenchonistes fréquentant ce blog ne m’autorise pas à décliner le même raisonnement sur les 19,58 % du score de Jean-Luc Mélenchon.

Donc rien n’est joué pour ce second tour de la présidentielle 2017 !







Le Pen ou Macron, soit la peste ou le choléra. Ouvrons le débat !

la-peste-ou-le-cholera

Après le choc de dimanche soir, et la sidération du peuple de droite qui a suivi, il faut reprendre le combat, avec un seul objectif : avoir la majorité absolue à l’Assemblée nationale. Imposer une cohabitation au vainqueur du soir du 7 mai, pour, au bout du compte, appliquer notre programme.

Mais avant de se mobiliser pour les législatives, il faut se déterminer pour le vote du second tour. A onze jours du scrutin, je voudrais lancer un grand débat dans notre blog, que chacun puisse exprimer son choix et donner ses arguments. Je mets également en place un sondage qui montrera la répartition du choix des lecteurs du blog parmi les quatre choix possibles :

  1. Voter Emmanuel Macron,
  2. Voter Marine Le Pen,
  3. Voter blanc,
  4. S’abstenir.

Pour amorcer la discussion, je donne mon sentiment actuel qui, d’ailleurs, pourrait évoluer d’ici le 7 mai. Le débat a déjà commencé au sein de mon couple puisque jusqu’alors nous avions supporté, ensemble, Nicolas Sarkozy, puis ensuite François Fillon, mais qu’aujourd’hui, nous divergeons sur la conduite à tenir !

Mon épouse, refusant de voter pour l’héritier de François Hollande, s’apprête, pour la première fois à voter pour Marine Le Pen. D’accord avec la position du FN sur les problèmes de société (immigration, lutte contre le terrorisme) elle rejette totalement son programme économique (de gauche !) Elle spécule sur le fait que Marine Le Pen n’aura pas la majorité à l’Assemblée nationale et que la droite et le centre gouverneront en régime de cohabitation.

Pour ma part je penche pour l’abstention

Je ne peux pas voter Macron

Après tous les articles que j’ai écrit contre Emmanuel « Hollande », je n’imagine pas voter pour lui au nom d’un front républicain. Quel sens peut bien prendre ce vocable de front républicain, quand le peuple de droite a été privé de tout candidat par un complot politico-médiatico-judiciaire ? La démocratie a été bafouée par les socialistes et leurs alliés. Nous, peuple de droite, n’avons pas à tendre l’autre joue pour prendre une seconde gifle magistrale !

Je ne peux pas voter Marine Le Pen

Ce n’est pas les raisons évoquées par la gauche et les médias, le rejet d’un parti pour des raisons morales liées à son passé, qui rendent ce vote impossible. Même si je pense que Marine Le Pen ne sera pas en mesure d’appliquer son programme économique, je crains deux choses si elle atteignait l’Elysée :

  • D’abord un impact international désastreux, avec entre autre une montée des taux d’intérêt qui pourrait être catastrophique compte tenu du montant de la dette française,
  • Ensuite, une cohabitation conflictuelle et violente qui risquerait de bloquer ou du moins de freiner les réformes dont la France a absolument et urgemment besoin.

Je choisis l’abstention plutôt que le vote blanc

Si l’on renvoie dos à dos Emmanuel Macron et Marine Le Pen, la logique voudrait qu’on choisisse le vote blanc. Mais le vote blanc n’est pas vraiment reconnu en France. Dans un scrutin comme la présidentielle, on ne retient que deux chiffres : le taux d’abstention et l’écart entre le vainqueur et le perdant.

Emmanuel Macron est le probable vainqueur du second tour (donné actuellement à 60 contre 40 %). Partant d’une faible légitimité au premier tour (moins d’un électeur sur quatre), si l’abstention est très forte, sa légitimité finale sera très faible et cela facilitera la victoire de la droite et augmentera d’autant les chances d’une cohabitation favorable à la droite.

Par ailleurs, les médias étant très largement favorables à Macron, ils n’hésiteront pas à minimiser, voire à cacher, un éventuel grand nombre de bulletins blancs. Ce qu’ils ne pourront pas faire avec un faible taux de participation qui sera présenté et largement commenté pendant toute la journée du vote.

C’est donc l’abstention qu’il faut préférer au vote blanc !

Voila, j’ouvre maintenant le débat en demandant aux contributeurs de défendre leur vote en les argumentant. Je me propose de faire régulièrement une synthèse des arguments énoncés pour chacune des 4 possibilités de vote.

Voici le sondage qui décrit la position des lecteurs de ce blog :

Nouveau sondage !

Après la pollution du sondage par un macroniste indélicat, et renforcement de la sécurité, je relance un nouveau sondage en vous engageant à revoter  si vous aviez précédemment participé au vote.

Comment allez-vous voter au second tour de la présidentielle 2017 ?

Pour participer au vote –>

Pour mémoire, voici l’état du sondage le mardi 25 avril à minuit :

sondage-25-7-17







 

 

Ils ont gagné !

ils-ont-gagne

Oui, ils ont gagné et la droite modérée a été écartée du second tour de l’élection présidentielle pour la première fois dans l’histoire de la V ème République.

Certains diront que c’est la même chose qu’en 2002, l’année où Lionel Jospin avait été éliminé dès le premier tour de l’élection. Mais ça n’a en fait rien à voir !  Il y a au moins deux différences fondamentales :

1 – en 2002, la gauche était au pourvoir

  •  En 2002, sous le quinquennat de Jacques Chirac, après la dissolution malheureuse de 1997, la gauche avait repris Matignon sous le régime de la cohabitation. Ce n’était plus Jacques Chirac qui dirigeait la France mais le parti socialiste en la personne de Lionel Jospin. En 2002, c’est la maxime : « Sortez les sortants » qui avait eu raison du premier ministre de l’époque.
  • En 2017, la gauche est la majorité sortante et elle sort totalement essorée par le quinquennat calamiteux de François Hollande. Qui plus est, la droite a gagné largement toutes les élections intermédiaires qui ont montré que l’opinion se partage désormais entre droite et gauche dans la proportion deux tiers, un tiers.

2 – en 2017, le candidat Jospin n’avait été l’objet d’aucune attaque personnelle !

Quand j’écris : « Ils ont gagné« , je parle du système politico-mediatico-judiciaire qui a su allier ses forces comme jamais :

  • Dans un premier temps pour tuer Nicolas Sarkozy qui fut l’objet, durant tout le quinquennat Hollande, d’un acharnement judiciaire incroyable et incontestable,
  • Dans un second temps, pour tuer François Fillon qui avait repris le flambeau en remportant brillamment les primaires de la droite et du centre.

François Hollande, à la manoeuvre depuis le début pour préparer sa réélection, a cornaqué la justice pour affaiblir Sarkozy. Après l’élimination de Sarkozy et la victoire de François Fillon, à la primaire, la cible a changé de nom et Les services de Bercy ont probablement transmis au Canard enchainé toutes les informations pour monter l’opération Penelopgate !

Après que François Hollande ait dû renoncer à se représenter par cause de sondages exécrables, le dossier du Penelopgate a été mis au service de l’action de l’héritier de Hollande, Emmanuel Macron alias Emmanuel Hollande.

Tout dans l’opération anti-Fillon a été optimum :

  • D’abord le calendrier ! S’il s’agissait d’une affaire de moral concernant les indélicatesses de François Fillon, on aurait pu comprendre que l’affaire ait été sorti juste avant les primaires de la droite, mais, que le Canard enchainé ait jugé bon de sortir l’affaire juste deux mois avant l’élection relève d’une stratégie d’une efficacité parfaite !
  • Ensuite, une efficacité de la Justice jamais vue dans ce genre d’affaire :
    • Un parquet national financier qui s’auto-saisit à peine quelques heures après la sortie du premier article du Canard enchainé,
    • Un juge qui convoque François Fillon pour une mise en examen trois jours après avoir reçu le dossier du Parquet national financier, donc sans avoir pris le temps d’en analyser le contenu !

de-la-fulgurance-de-la-justice-socialistede-la-fulgurance-de-la-justice-socialiste

  • Le tout relayé avec complaisance, et non sans une certaine jouissance, par des médias acquis en grande partie à la gauche.
  • Dans le même temps on assiste à une véritable Macromania dans les médias dont certains n’hésitent pas à avantager de manière particulièrement évidente leur nouveau champion :
Source Marianne et Piktochart

Source Marianne et Piktochart

Dans la période considérée, Emmanuel Macron totalisait 426 minutes d’antenne alors que l’ensemble de ses adversaires atteignait à peine 440 minutes !

Et pour le second tour, la presse va s’acharner contre Marine Le Pen

Je voudrais juste relever que, quelques minutes seulement après les résultats, la déclaration de François Fillon était déjà déformée par Gilles Bouleau, ce qui sera largement confirmé par les radios, le lendemain, notamment par Yves Calvi sur RTL :

Voici la déclaration de François Fillon :

« L’extrémisme ne peut apporter que malheur et division à la France.  Dès lors il n’y a pas d’autres choix que de voter contre l’extrême droite.èJe voterai donc en faveur d’Emmanuel Macron. J’estime de mon devoir de vous le dire avec franchise. Il vous revient maintenant, en conscience, de réfléchir à ce qu’il y a de mieux pour votre pays et pour vos enfants. »

Ce que je traduis de la façon suivante : « pour ma part, je voterai contre le Font national mais c’est à vous, électeurs, de vous déterminer en conscience« .

Ce qui est traduit par les médias de la façon suivante :

Gilles Bouleau sur TF1, dimanche soir : « François Fillon demande à ses fidèles de voter pour Emmanuel Macron« ,
Yves Calvi sur RTL : « François Fillon appelle ses soutiens à voter pour Emmanuel Macron« 

Voilà comment la presse déforme des propos pour les rendre conformes à sa propre opinion !

Pour le vote au second tour, je vais lancer un grand débat sur la conduite à tenir, dans les colonnes de ce blog …







Ainsi donc, l’imperdable a été perdu …

un-immense-gachis

Je suis trop abattu, ce soir, ou plutôt trop en colère pour pouvoir écrire ce soir quoi que ce soit …

Je laisse à parole à Alexis Brézet, directeur des rédactions du Figaro, qui vient de publier cet édito :

« Un immense gâchis »

Alexis Brézet

Alexis Brézet

Ainsi donc, l’imperdable a été perdu. L’impensable s’est imposé. L’impossible est advenu. La droite, qui pendant cinq ans aura étrillé les socialistes dans tous les scrutins, la droite, dont les idées et les valeurs n’ont jamais été aussi majoritaires dans les profondeurs du pays, cette droite à qui la victoire ne pouvait pas échapper a été, hier, sèchement éliminée. Alors que le désir d’alternance, après un quinquennat unanimement jugé calamiteux, n’a jamais été aussi puissant, elle ne sera pas, pour la première fois de son histoire, représentée au second tour de l’élection présidentielle.

À lire aussi: Denis Tillinac: « La droite est majoritaire dans les profondeurs du pays »

Ahurissant tour de passe-passe qui méritera d’être enseigné dans les écoles de la politique: Emmanuel Macron sera très certainement le prochain président de la République française. Dans deux semaines, c’est à son ex-conseiller, ex-ministre, que François Hollande remettra les clefs de l’Élysée.

Il faudra un jour écrire l’histoire de ce hold-up politique du siècle,

retracer l’enchaînement fatal des causes et des conséquences, qui, de la primaire aux affaires, auront frappé la droite et précipité cet immense gâchis. En attendant, l’urgence, pour elle, est de ne pas ajouter le désastre à la défaite en donnant tête baissée dans le traquenard que, sans attendre, lui tend Emmanuel Macron.

Bien sûr, entre la grippe et le choléra, entre la poursuite du déclin hollandais et la catastrophe immédiate - politique, sociale et financière - que serait une sortie unilatérale de l’euro, le choix va de soi. Le projet économique de Marine Le Pen est suffisamment insensé pour dissuader de voter pour elle quiconque serait tenté de le faire pour d’autres raisons.

Mais c’est une chose de refuser l’aventure économique, et de voter Macron, c’en est une autre de tomber dans le piège politique tendu par ceux qui, après avoir méthodiquement détruit François Fillon avec un sectarisme d’airain, viennent aujourd’hui, la main sur le cœur, entonner le cantique de « l’union de tous les républicains ».

Disons-le franchement, ce « rassemblement républicain » auquel les responsables de la droite seraient sommés d’adhérer illico pour, nouveaux castors, « faire barrage au Front national », est une duperie de plus. Ce serait enfoncer le dernier clou dans le cercueil de la droite républicaine en la condamnant d’abord à l’explosion, ensuite à la disparition. Ce serait aussi rendre un immense service au Front national, érigé de fait en seule force d’opposition, et assuré ainsi d’accéder au pouvoir quand viendra l’inévitable alternance.

La vérité, que chacun connaît, est que Marine Le Pen n’a quasiment aucune chance d’être élue, et c’est tant mieux. La République n’est pas en danger, mais la France, elle, l’est. Le devoir de la droite est maintenant, dans la mesure de ses moyens – qui ne sont pas nuls -, d’épargner à notre pays les conséquences négatives du vote d’hier ou, à défaut, de les limiter.

Ne nous y trompons pas: un homme a perdu, victime de ses propres faiblesses, de ses erreurs, de l’acharnement de ses adversaires, de la vindicte des médias et des lâchetés de son camp. Mais ses idées n’ont pas été disqualifiées pour autant: c’est cette synthèse libérale-conservatrice qui en dépit de tout, et souvent de lui-même, a permis à Fillon de tenir dans la tempête, alors qu’il aurait dû cent fois sombrer.

Ces idées-là – liberté économique, réalisme financier, ordre et autorité, fierté nationale – sont plus que jamais nécessaires à la France dans les temps incertains qu’elle va devoir affronter. La droite, si elle veut juguler l’hémorragie, ne doit pas les abandonner au Front national. C’est sur la base de ces idées que, sans se désunir, sans céder au découragement, elle doit repartir à la bataille. Les législatives lui donnent l’occasion d’obliger le nouveau président à les prendre en compte: soit en lui imposant une cohabitation, soit en créant un rapport de forces politique qui le contraindra.

Les électeurs de la droite, qui tout au long de la campagne auront fait preuve d’une force d’âme remarquable, y sont prêts. Ils brûlent de laver dans une victoire législative l’humiliation de la présidentielle.

Encore faudrait-il que leurs chefs, qui n’ont pas tous jusqu’ici brillé par leur courage ni par leur cohésion, ne désertent pas le combat …

Alexis Brézet pour le Figaro