Pourquoi la droite est-elle illégitime à faire une politique… de droite ?

la-droite-illegitime-a-faire-une-politique-de-droite

Quand la gauche arrive au pouvoir …

Quand la gauche arrive au pouvoir – prenons l’exemple de Hollande en 2012 –  il ne se trouve pas un journaliste pour critiquer, même pas pour s’étonner, du fait qu’elle fasse une politique de gauche :

  • Hollande ne fait aucun signe d’ouverture vers la droite ou le centre et tout le monde trouve ça normal !
  • Hollande nomme à la tête de ministères stratégiques des militants socialistes parmi les plus sectaires :
        • Christiane Taubira au désarmement de la Justice,
        • Vincent Peillon, Benoit Hamon et Najat Vallaud-Belkacem à la déconstruction de l’Ecole,
        • Dominique Bertinotti à la dénaturation du mariage,
        • Aurélie Filippetti à la gauchisation de la culture.

    Et personne ne s’étonne, ni n’émet la moindre critique.

  • Hollande lance une chasse aux sorcières sans précédent dans l’administration (police, recteurs, préfets, etc …) et personne ne « moufte » !
  • Hollande nomme un socialiste pur jus à la tête du CSA et en place d’autres à la direction de l’audiovisuel public, notamment dans l’information. Et tout est OK !

La gauche a les mains totalement libres de faire SA politique !

Mais quand la droite « menace » de revenir aux manettes …

… Oui, avant même que tous les candidats à la primaire de la droite et du centre ne se soient déclarés, avant même, a fortiori,  que l’on connaisse leurs programmes politiques respectifs, la presse a déjà choisi son candidat. C’est, par principe, le candidat … le plus à gauche, en l’occurence, Alain Juppé !

  • Oublié le Juppé libéral, « droit dans ses bottes » de 1995 qui mit la France en grève pendant un mois !
  • Oublié le Juppé qui participa au gouvernement de droite (pouahhh !!!) de Nicolas Sarkozy !
  • Oublié le Juppé condamné pour les emplois fictifs ! Au contraire ! Il aurait payé à la place de Chirac, et ç’est mis à son crédit !
  • Oublié l’âge de Juppé, argument que la presse renverse en parlant de « sérénité du vieux sage » !
  • Ignoré, le côté nettement libéral du programme proposé par Juppé. C’est l’homme qui compte !

Et pourtant, après un quinquennat socialiste catastrophique, la France n’a t-elle pas besoin d’un sérieux coup de barre à droite ?

  • Le code du travail, totem vermoulu d’une gauche obsolète, ne doit-il pas être sérieusement réformé ?
  • La Justice ne doit-elle pas être débarrassée de l’idéologie gauchiste qui la gangrène ?
  • L’Education nationale ne doit-elle pas être nettoyée au karcher des pédagogistes de tout poil et de l’égalitarisme mortifère qui l’a totalement sclérosée ?
  • L’audiovisuel public ne doit-il pas être rendu au pluralisme des opinions ?

Est-ce un Juppé, qui ne se définit pas par ses convictions mais uniquement par opposition à son rival Nicolas Sarkozy, qui est le mieux placé pour entreprendre ces travaux d’Hercule ?

A droite, peut-on faire confiance à un homme qui, sur ses valeurs les plus profondes, peut retourner à ce point sa veste. Prenons juste deux exemples :

« Rétrospectivement, je pense que c’était une erreur » …

etats-genaraux-immigration-1990En octobre 2014, dans l’émission « Des paroles et des actes« , Alain Juppé est confronté par David Pujadas, à un reportage montrant les positions fermes adoptées par la droite  sur l’immigration, lors des « Etats généraux RPR-UDF sur l’immigration » en 1990.

Très mal à l’aise, Alain Juppé se renie en déclarant « Je ne partage pas cela. rétrospectivement, je pense que c’était une erreur » (voir la vidéo dans ce précédent article).

Encore plus grave est le renieement de Juppé sur le droit à l’adoption par les couples gays !

En octobre 2012, en pleine bataille contre la loi Taubira sur la dénaturation du mariage et le droit à l’enfant pour les paires homosexuelles, Alain Juppé écrivait dans son blog :

“Pas d’accord pour l’adoption parce que je continue à penser qu’un enfant doit grandir entre un père et une mère.“ 

En janvier 2013, il enfonçait le clou dans une nouvelle note :

Aucun des arguments en faveur de l’adoption ne tient la route, ni celui du bonheur de l’enfant adopté, ni celui de la reconnaissance de situations de fait déjà existantes.“ 

juppe-aux-inrocksOn applaudit des deux mains, mais patatras, en novembre 2014, c’est dans les colonnes des Inrocks, magazine bobo-gaucho, s’il en est, qu’Alain Juppé vire sa cutie sur le mariage gay et l’adoption :

« Il peut exister des cas où un enfant peut trouver dans un couple de deux hommes ou de deux femmes des conditions d’épanouissement personnel parfaitement acceptables. C’est pourquoi, après mûre réflexion, je suis favorable à l’adoption par un couple de même sexe. »

L’argument est hallucinant ! Ce n’est pas parce “qu’un enfant pourrait s’épanouir dans l’environnement d’un couple homosexuel“, que l’on doit priver tous les autres du droit d’avoir un père et une mère !

Oui ! La droite est légitime à faire sa propre politique !

Qu’Alain Juppé se méfie ! Il est en train de devenir l’otage de la presse. Comme Hollande en 2012, Alain Juppé n’est pas choisi par réelle conviction, mais en tant que candidat de l’anti-sarkozisme ! Alain Juppé n’existe qu’en opposition à l’ancien président. Si Nicolas Sarkozy ne s’était pas présenté, d’autres candidats de droite plus jeunes auraient sans doute pris l’avantage sur Juppé

Si Alain Juppé parvient à gagner le combat pour l’Elysée, la presse sera là pour lui rappeler d’où il vient en lui posant la question : “Qui t’a fait roi ?

Alain Juppé sera alors coincé entre une majorité de Français qui voudront une politique vigoureuse et une presse qui le marquera à la culotte. Ça donnera inévitablement une politique tiédasse qui ménagera la chèvre et le choux.

Juppé à l’Elysée et Bayrou à Matignon … Est-ce cela dont les Français rêvent ?

juppe-et-bayrou-2

Non ! C’est tout ce que France doit éviter à tout prix, si elle veut s’en sortir !







 

 

Le consensus gauche-droite anti-burkini n’aura tenu que
quelques jours … Chassez le naturel, il revient au galop !

plus-de-consensus-anti-burkini

J’avais trouvé un peu douteux, pour tout dire très électoral, le fait que certains ministres socialistes et le premier d’entre-eux, Manuel Valls, aient approuvé les arrêtés pris par certains maires (de droite) interdisant le port du burkini sur leurs plages.

Je m’étais immédiatement fait la réflexion que les associations anti-racistes et autres officines du PS, allaient porter plainte pour discrimination et que les arrêtés seraient déclarés illégaux par les tribunaux saisis. A ma grande surprise, la Justice a validé ces arrêtés, ce qui ne présume pas de la décision du Conseil d’Etat qui devra se prononcer en dernier recours ! Saluons tout de même cette première décision de Justice qui tranche vraiment avec la couleur rose pour ne pas dire rouge qui teintait jusqu’à présent la plupart des jugements rendus dans ce domaine …

Mais chassez le naturel … Il revient au galop !

Cet article du Point, nous apprend que, si à Paris, on fait semblant d’approuver ces mesures, plus bas dans la hiérarchie socialiste on les dénonce.

En fait, si une partie de la gauche a approuvé le principe de l’interdiction, dès qu’il y a passage à l’acte – c’est à dire procès-verbal – une autre partie de la gauche n’est plus d’accord ! Voici un extrait de l’article du Point :

Femme voilée verbalisée à Cannes : la gauche s’indigne

Les Jeunes Socialistes ont fustigé « la traque et les humiliations publiques des musulmans », et dénoncé la « stigmatisation » organisée par des maires de droite.

les-jeunes-socialistes-et-le-burkiniMardi, Siam, une mère de famille, a annoncé qu’elle contesterait sa verbalisation établie le 16 août dernier alors qu’elle était voilée sur une plage de Cannes. Vêtue d’un legging et d’une tunique, elle s’est vu remettre un PV lui notifiant qu’elle ne portait pas « une tenue correcte respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité ».

Dans un communiqué, le Parti socialiste a dénoncé « une dérive particulièrement dangereuse », émanant de l’intervention de police et « de l’attitude de la foule présente ce jour-là sur cette plage ». Un témoin de la scène, Mathilde Cousin, a affirmé que « des gens criaient [à Siam] : Rentre chez toi ! », lors de sa verbalisation. Les Jeunes Socialistes ont fustigé « (la) traque et (les) humiliations publiques des musulmans », tout en ciblant la « stigmatisation » organisée par des maires de droite.

Dans un communiqué, ils alertent notamment sur une éventuelle « surenchère qui conduit à l’irréparable, aux fractures, aux blessures ».

« Cachez ces musulmans que la République ne saurait voir »

L’inénarrable sénatrice verte, Esther Benbassa, a été encore plus virulente :

Esther Benbassa

Esther Benbassa

Esther Benbassa, sénatrice verte et habituée des prises de position sur l’islam de France, estime que « plus on interdira et/ou plus on stigmatisera ces tenues, plus on contribuera à leur conférer, par réaction, la valeur d’un symbole identitaire ». Dans une tribune accordée à Libération titrée « Cachez ces musulmans que la République ne saurait voir », Esther Benbassa situe le problème dans le fait que « les femmes en voile ou en burkini donnent une visibilité, perçue comme agressive en cette période de tension, à la présence musulmane en France, longtemps invisible »

Pour être complet, voici le témoignage de la femme verbalisée et celui du maire de Cannes, tels que rapportés dans cet autre article du Point :

« J’étais assise sur la plage avec ma famille. Je portais un foulard classique, un hijab fleuri. Trois policiers sont venus vers moi, car je portais une tenue pas correcte», a-t-elle relaté. « Je n’étais pas là pour faire de la provocation, je n’avais pas l’intention de me baigner », ajoute la jeune femme, qui dit avoir refusé de payer l’amende de 11 euros. Les policiers ne lui ont pas demandé de quitter les lieux, a-t-elle ajouté.

Interrogé par l’Agence France-Presse, le maire de Cannes David Lisnarda dit n’avoir « pas de raison de douter du fondement du PV dressé sur la base stricte de la réglementation ». « Les femmes qui ont un « simple voile (…) ne sont pas verbalisées à Cannes », a-t-il affirmé.

C’est une nouvelle fracture qui s’installe entre l’exécutif socialiste d’une part, et le parti et la base socialistes d’autre part.

Mais il y a plus grave !

En toute irresponsabilité, la presse de gauche (Libération et l’Obs) a bien sûr relayé l’affaire, ce qui a évidemment fait le buzz. Libération titre non pas « une femme verbalisée pour le port du burkini » mais de façon orientée  »une femme verbalisée pour le port du hijab« . Ce qui sous-entend une action illégale de la police !

Mais le plus grave, c’est que la presse anglaise s’est emparée de l’affaire. Le DailyMail online dénonce la stigmatisation des musulmans par la police française avec force photos :

Photos du site du DailyMail. Crédit photos : Vantagenews.com

Photos du site du DailyMail. Crédit photos : Vantagenews.com

C’est pain béni pour Daesh qui va pouvoir utiliser  cette affaire dans sa propagande contre la France avec les dégâts qu’on peut imaginer dans nos banlieues.

Pour en revenir à l’hexagone, ce qui est certain, c’est que le débat présidentiel va être largement centré sur tous ces problèmes de laïcité et d’identité. Nicolas Sarkozy a, d’ores et déjà placé sa campagne sous cet étendard, ce qui va entrainé, dès les primaires de la droite et du centre, des débats et des clivages nets qui seront probablement décisifs sur l’issue du vote.







4 mai 2012 : des intellos de gauche appelaient à voter Hollande.
Relisons avec recul et une certaine jubilation leurs arguments !

ces-intellectuels-qui-appelaient-a-voter-hollande

Un habitué de ce blog m’a fait parvenir la référence d’un article paru dans le Monde, le 4 mai 2012, c’est à dire à la veille du second tour de l’élection présidentielle de 2012. Dans cet article, huit intellectuels de gauche (à l’époque on pouvait dire pléonasme, c’est beaucoup moins vrai aujourd’hui  !) lançait un appel solennel :

« Pourquoi il faut voter Hollande »

Il est intéressant d’analyser, 4 ans plus tard, la pertinence de leurs arguments. Intéressant et jubilatoire …

Voici en bleu, le texte de ces penseurs de gauche et en vert et en retrait mes commentaires :

Beaucoup d’électeurs veulent faire barrage à Sarkozy. Mais les raisons impératives d’élire François Hollande président de la République sont des raisons positives qui tiennent à son programme, à son parcours et à l’homme qu’il est.

Son programme ? La renégociation du traité européen ? Jamais même commencée ! Combattre son ennemi, la finance ? Demandez aux électeurs de gauche ce qu’ils en pensent …
Son parcours ? Jamais nommé ministre ni même secrétaire d’état ! Ni par Mitterrand, ni par Jospin ! A la tête du PS ? Alors qu’il n’a même pas tenté de réformer après la claque reçue en 2002 avec l’élimination du candidat socialiste dès le premier tour !

François Hollande est un vrai laïque, respectueux de l’école de la République. La laïcité, pour lui, n’est pas un simple mot, mais une valeur. Il est hostile à toute forme de communautarisme ethnique ou religieux. Il ne risque pas de  mettre la laïcité en cause, comme l’a fait Sarkozy pour s’attirer les faveurs des extrémistes religieux. La France, il le sait, n’est pas les Etats-Unis.

Si Nicolas est supposé avoir échoué à réformer l’islam de France en créant le Conseil français du culte musulman (CFCM), qu’a fait Hollande pour corriger cela ? Rien !

La jeunesse et l’éducation seront la priorité de son mandat car il n’y a pas de véritable démocratie sans promotion par l’école, alors que cette promotion est aujourd’hui en panne.

Confier le ministère de l’Education nationale à des militants socialistes aussi sectaires que Vincent Peillon, Benoit Hamon et Najat Vallaud-Belkacem, était-ce la meilleure méthode pour sortir cette institution de la sclérose dans laquelle elle est ? Que reste-t-il aujourd’hui des priorités de Hollande pour l’école ?

  • Une réforme des rythmes scolaires en total échec ?
  • Un nivellement par le bas avec la suppression des classes bi-langue, du grec et du latin ?
  • La suppression des notes et des primes au mérite,
  • La tentative avortée d’introduire la théorie du genre à l’école ?

Homme de terroir et de terrain, François Hollande n’a pas une vision abstraite des Français. Maire de Tulle et non de Neuilly, il a une connaissance intime des difficultés vécues par la majorité de ses concitoyens. Sa vie de militant ne l’a pas coupé des réalités sociales et il a pris une vraie conscience de la pauvreté accrue de beaucoup.

Ces intellectuels, qui vivent sûrement dans les beaux quartiers, sont-ils vraiment les meilleurs porte-parole des « sans-dents » comme les surnomme, parait-il, François Hollande ? La première mesure économique prise par Hollande fut de supprimer la défiscalisation des heures supplémentaires qui fit immédiatement des victimes : les ouvriers ! L’amélioration des conditions de vie des plus défavorisés ne se fit que grâce à un impôt quasi-confiscatoire pour les classes moyennes.

Il sait que le vote pour Marine Le Pen est le fruit d’une révolte devant l’accroissement des inégalités et qu’on ne peut y répondre qu’en combattant ces inégalités. C’est pourquoi il a affirmé la nécessité d’une politique de relance économique.

Depuis quand la relance économique par la demande garantit-elle une réduction des inégalités ? De plus, en lieu et place d’une relance, on a observé le plus grand choc fiscal de la V ème République qui a mis la croissance de la France à terre !

C’est aussi parce qu’il est un homme de terrain que François Hollande est partisan de l’écologie, du développement régional, de la répartition des compétences et du rôle important des corps intermédiaires.

Européen convaincu, il sait qu’au XXI ème siècle la meilleure façon de défendre les frontières de la France et de l’Europe c’est de défendre les valeurs, les principes et les acquis sociaux qui sont les nôtres et non pas de dresser des murailles comme au Moyen-Âge ; c’est pourquoi il aura à cœur de relancer une politique offensive de l’Europe sur tous les terrains.

Tout d’abord, il faut être bien naïf pour penser que la finalité de l’Europe est de protéger les acquis sociaux de chacun des pays qui la composent ! Quant à la relance d’une « politique offensive de l’Europe sur tous les terrains« , on n’a pu observer que la mise à l’écart de la France de toutes les décisions européennes qui se prennent désormais à Berlin.

Ouvert à la diversité, il sait que, si la France ne peut accueillir « toute la misère du monde« , elle doit rester fidèle à ses valeurs, ne mépriser ni stigmatiser les immigrés qui vivent sur son sol. Il en va de son prestige et de son identité.

Là on peut dire que il est bien dans l’ADN des socialistes de protéger l’immigration considérée par Terra Nova comme l’électorat de remplacement de la classe ouvrière perdue pour les socialistes plus préoccupés de flatter les minorités (homosexuels, immigrés) que la France laborieuse.

François Hollande s’est engagé à promouvoir la parité et l’égalité des salaires entre femmes et hommes. Son quinquennat marquera un progrès décisif dans l’égalité réelle des femmes et des hommes.

Si la parité a bien été respectée au sein des gouvernements successifs, il n’est pas certain que l’image de la femme en soit sortie renforcée après des bilans désastreux de certaines ministres femmes :

  • Maryline Lebranchu et son inaction dans la réforme des administrations (excepté la suppression du jour de carence des fonctionnaires),
  • Christiane Taubira et le désarmement unilatéral de la Justice (la prison est le problème, pas la solution) à l’inverse de la demande des Français,
  • Najat Vallaud-Belkacem et sa destruction systématique de l’école par le nivellement par le bas,
  • Marisol Touraine et sa gestion idéologique de la santé.

Par ailleurs, la complaisance à finalité électorale des socialistes pour l’islam, remet en cause des décennies de lutte pour l’émancipation des femmes. Les déclarations de nombreux socialistes sont à cet égard édifiantes :

En déclarant qu’il voulait être un président « normal », François Hollande dénonçait a contrario tout ce qui était « anormal » dans la politique conduite par Sarkozy. Le projet de François Hollande prône l’humanisme, la séparation des pouvoirs et le respect de l’éthique dans la conduite des affaires politiques et économiques.

  • Un président normal ? C’est quoi, au juste la normalité socialiste ?
    • L’installation à l’Elysée d’une pseudo première dame de France sans légitimité ?
    • Les escapades à scooter de Hollande avec livraison de croissants rue du cirque ?
    • La répudiation de Valérie Trierweiler par simple dépêche AFP ?
  • L’humanisme ? Comme par exemple celui qui a inspiré le passage en force sur la loi sur la dénaturation du mariage et le droit à l’enfant. Priver les enfants du droit naturel et inaliénable à avoir un père et une mère, humilier des millions de manifestants qui descendaient dans la rue, parfois pour la première fois de leur vie, pour défendre leurs valeurs les plus profondes, ne pas redonner la parole au peuple par un référendum, est-ce là de l’humanisme ?
  • La séparation des pouvoirs ? On peut sincèrement en douter quand on voit l’acharnement judiciaire contre Nicolas Sarkozy avec des moyens de police et de justice colossaux monopolisés pour affaiblir un rival ! Rien n’a été négligé : écoute pendant plus de 8 mois de l’ancien chef de l’Etat et de son avocat, exploitation illicite des archives de l’ancien président, mensonge du Garde des sceaux devant la télévision qui prétend ne rien savoir sur ces écoutes tout en brandissant un document qui prouve le contraire, etc … etc …
  • L’éthique dans la conduites des affaires politiques et économiques ? Parlons-en …
    • Le choix de ministres condamnés précédemment par la Justice,
    • Cahuzac et son compte en Suisse, Thomas  Thévenoud et sa phobie administrative,
    • Aquilino Morelle et ses chaussures de luxe cirées à l’Elysée,
    • Yamina Benguigui et sa fausse déclaration de patrimoine,
    • Faouzi Lamdaoui mis en examen pour fraude fiscale et d’autres chefs d’accusation.
    • La reprise en main de l’audiovisuel publique par l’injection de socialistes pur jus :
      • Olivier Schrameck à la tête du CSA,
      • Delphine Ernotte comme directrice de France Télévisions,
      • Germain Dagognet, et Michel Field à la tête de l’info,
      • Récusation par l’Elysée d’une syndicaliste pressentie pour interroger Hollande.
    • 10 000 € par mois pour un coiffeur à plein temps à l’Elysée …

Oui, il est urgent que notre pays retrouve son âme.

Oui, il faut voter François Hollande.

Marc Augé, anthropologue; Jacques Le Goff, historien; Michel Deguy, écrivain; Maurice Olender, historien; Chahdortt Djavann, écrivaine; Michèle Perrot, historienne; Françoise Héritier, anthropologue; Jacqueline Risset, écrivaine.

En conclusion …

Il faut constater qu’aujourd’hui, après quatre ans de Hollande au pouvoir, on entend peu ces huit intellectuels ! Sont-ils satisfaits de l’action de leur champion ? Vont-ils appeler à revoter pour lui en 2017 ? Au contraire, battent-ils leur coulpe ?

N’y comptez pas ! Quoi que fasse Hollande, pour eux, ce sera toujours mieux que Sarkozy !







Quand, par islamophilie, les bobos renient leur féminisme …

feminisme-versus-islamophilie

J’ai trouvé sur le blog « Mes terres saintes – le Blog d’Amaury« , un témoignage très intéressant. L’auteur y rapporte une conversation qu’il a entendue dans un café du V ème arrondissement de Paris au cours de laquelle une jeune femme – que je qualifie de « bobo » – se félicite, au téléphone, de la conversion d’une amie à l’islam.

Il est hallucinant de voir comment l’idéologie de gauche peut, à ce point, faire perdre le sens des vraies valeurs. Parce qu’il n’est pas politiquement correct de critiquer l’islam, cette jeune personne pousse la complaisance vis-à-vis de l’islam jusqu’à passer par pertes et profits des décennies de lutte pour l’émancipation et les droits des femmes, notamment à disposer de leur corps !

Je vous laisse juge :

Chroniques du pays réel – parler de conversion à la terrasse d’un café

Cette conversation est aussi sur Causeur

Une jeune femme blonde en robe d’été légère, le « smartphone » est rivé à son oreille, elle a des lunettes de soleil « fashion » sur le nez. La cathédrale devant elle, le spectacle du miroitement des eaux de la Seine sous le soleil, les arbres sur les berges du fleuve, les bouquinistes, lui sont parfaitement indifférents. Les jambes élégamment croisées, un sourire mécanique sur les lèvres, elle parle, parle et parle encore avec animation à un correspondant…

« Tu sais que Anne-Charlotte s’est convertie à l’Islam ?
Elle porte le voile maintenant. Je l’ai eu au téléphone hier soir…

C’est diiingue comme ça lui va bien moi je trouve, ça met en valeur l’ovale de son visage…

(rire de connivence avec son correspondant)

Elle trouve que c’est mieux que de toujours chercher à séduire du coup. Et puis maintenant, elle est toujours aussi libre de son corps qu’avant. C’est juste qu’elle veut que l’homme qu’elle aime en ait l’exclusive, son corps lui appartient elle fait ce qu’elle veut. Elle ne choisit de ne le montrer qu’à lui. Si on réfléchit, moi je trouve ça beau. Tu trouves pas ? Et puis si elle veut elle pourra toujours divorcer, on est quand même en démocratie. On a le droit de faire ce qu’on veut …

bikini-versus-burkini

… J’étais étonnée, on la voyait plus à saint Séverin pendant les veillées organisées par le père X. Elle les trouvait super, on chantait, c’était gai au moins, pas comme pendant les autres messes en fait. Et puis on était tous super-copains au moins. Après les veillées on allait toujours prendre un pot près de L’Hôtel de ville. Tu te souviens pas ? Il y avait Y. et Z. les deux garçons qui étaient en « prépas » à Janson et qui bossaient ensemble, des homos super sympas, drôlement sensibles. D’ailleurs maintenant ils sont en couple, Non ? Tu savais pas ? Ils se sont mariés, ils veulent adopter.

Chacun est libre de faire ce qu’il veut…

Anne-Charlotte elle, elle va avoir un enfant. Tu te rends compte ! Elle sortait avec plein de garçons. Maintenant elle habite à Villetaneuse pas loin des parents de son fiancé, parce qu’elle est fiancée ! Elle lit le Coran tous les jours, elle est drôlement impliquée tu vois…

Du coup, ses parents à Anne-Charlotte sont pas trop d’accord…
Elle veut se marier avec Ahmed, mais si ! Son copain de Jussieu ! Religieusement ! C’était un type un peu coincé je trouvais mais drôlement profond et tout, super intello en fait. Il est plus profond que tous les garçons qu’on connaissait. Et puis du coup il a quand même eu une bonne éducation. Des fois, je comprenais pas tout ce qu’il disait mais il était patient, il expliquait toujours. C’est chouette quand même de s’ouvrir comme ça aux autre cultures, tu vois. Si on faisait tous pareil, ce serait la paix partout, il y aurait plus des intégristes et des terroristes, plus de guerres. Moi je les comprends quand même un peu. On leur a volé leurs richesses pendant des siècles, on les a colonisés, et pis maintenant on bombarde leur pays, du coup ils ont bien le droit de vouloir vivre selon leurs coutumes.»

… conclut-elle, se levant et quittant sa table.

Et c’est ainsi qu’Allah est grand …

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

Amaury – Grandgil

Ce texte est fascinant, on y trouve toute la doxa gauchisante :

  • La mauvaise foi ruinant tout féminisme : « Et puis maintenant, elle est toujours aussi libre de son corps qu’avant« , « Elle ne choisit de ne le montrer qu’à lui. Moi je trouve ça beau ».
  • Le multiculturalisme : « C’est chouette quand même de s’ouvrir comme ça aux autre cultures », « ils ont bien le droit de vouloir vivre selon leurs coutumes »,
  • Le pacifisme angélique : « Si on faisait tous pareil, ce serait la paix partout »,
  • La repentance permanente : « On leur a volé leurs richesses pendant des siècles, on les a colonisés »,
  • L’Occident toujours le fautif : « et pis maintenant on bombarde leur pays »,
  • L’islamophilie béate : « C’était un type …/… drôlement profond et tout, super intello en fait. Il est plus profond que tous les garçons qu’on connaissait ».







 

 

L’inversion forcée de la courbe du chômage

l-inversion-forcee-dfe-la-courbe-du-chomage

Voici un édito de Jean-Marc Vittori, récemment paru dans les Echos. Il s’en prend à la manipulation des statistiques du chômage qui va permettre à Hollande de se représenter en 2017 :

L’inversion forcée

Jean-Marc Vittori

Jean-Marc Vittori

Un petit miracle attendait le président de la République à son retour de Rome : la courbe du chômage s’est enfin inversée. Il va sans doute proclamer urbi et orbi que le taux est redescendu à 9,6 %, au niveau observé au début de son quinquennat. François Hollande a tenu l’engagement majeur de son mandat, celui auquel il avait suspendu sa décision de se présenter à nouveau devant les électeurs.

Ce petit miracle n’en est évidemment pas un. D’abord parce que la France fait beaucoup moins bien que ses partenaires. Si elle avait fait depuis quatre ans comme la moyenne de la zone euro, qui n’a pourtant pas été la région la plus dynamique du monde, son taux serait aujourd’hui à moins de 8 %. Ensuite parce que l’inversion de la courbe du chômage doit beaucoup à l’action non du ciel mais du président et de son gouvernement. Cela devrait être une bonne nouvelle. Sauf que c’est surtout la confirmation d’une loi économique, la loi de Goodhart, du nom d’un ancien dirigeant de la Banque d’Angleterre :  « Quand une mesure devient une cible, elle cesse d’être une bonne mesure. » L’inversion de la courbe du chômage n’est pas la mesure de la santé de l’emploi ou de l’économie. Elle est la mesure des efforts du gouvernement pour forcer l’inversion. Ce n’est certes pas nouveau. Depuis que le chômage s’incruste en France, les gouvernants de gauche et de droite ont tous tenté d’infléchir la fameuse courbe à l’approche des élections nationales, depuis Raymond Barre il y a près de quarante ans, jusqu’à Manuel Valls aujourd’hui en passant par Laurent Fabius et Edouard Balladur. Mais jamais cette politique d’habillage n’avait atteint une telle ampleur. Crédit d’impôt, emplois aidés dans le secteur public, primes à l’embauche pour les PME, plans de formation des chômeurs sans précédent… Une formidable débauche de moyens a été mise en oeuvre pour atteindre la cible.

Tout a été fait pour forcer l’inversion. Il faut bien sûr parfois forcer le destin - c’est l’une des plus hautes missions des politiques. Encore faut-il que ce passage en force ouvre la voie vers un nouveau paysage, un changement durable. Or ce n’est clairement pas le cas ici. Dès l’élection passée, la pression du chômage va se faire à nouveau sentir. Les PME freineront l’embauche une fois disparu l’effet d’aubaine. Les chômeurs formés à la va-vite redeviendront chômeurs. Les jeunes qui auront terminé leur emploi jeunes auront plus de mal à trouver ensuite un poste, comme l’ont montré maints travaux. Le gouvernement aura dépensé des milliards pour atteindre une cible sans rien régler au problème de fond. Pas étonnant que la courbe de popularité ne suive pas celle du chômage.







 

De la collusion entre l’Inspection du travail et les syndicats …

En entendant que le ministre du travail, pardon, le ministre du chômage avait validé – contre l’avis de l’Inspection du travail – le licenciement du délégué syndical accusé d’avoir arraché la chemise du DRH d’AIr France, je m’étais étonné de cette violation de la séparation des pouvoirs entre l’exécutif, Myriam El Khomri, et la Justice. Je m’étais ravisé en me rappelant qu’en l’occurence, l’Inspection du travail est une administration sous tutelle du ministre du travail.

Cet épisode tragi-comique de règlement de compte entre la CGT et le gouvernement qui voit ce dernier se venger de l’attitude jusqu’au-boutiste du syndicat dans la lutte contre « la loi Travail », a fait l’objet d’une réflexion plus approfondie du Parti Libéral Démocrate, un nouveau parti qui s’est créé dans l’indifférence générale, notamment celle de la presse.

Voici un communiqué publié par le Parti libéral qui dénonce la collusion entre l’Inspection du travail et les syndicats. Quoi de mieux pour illustrer ce communiqué que la réunion entre deux figures dinosauresque du paysage politico-syndical français : Gérard Filoche et Philippe Martinez ?

de-la-collusion-entre-l-inspection-du-travail-et-les-syndicats

L’étrange décision de Myriam El Khomri sur Air France ou l’illustration éclatante de l’arbitraire politico-syndical qui pèse sur les entreprises françaises

Le 8 août dernier, la ministre du Travail a fait savoir par communiqué qu’elle validait le licenciement d’un délégué syndical accusé d’avoir participé à l’arrachage de la chemise de Xavier Broseta, DRH d’Air France.

La ministre Myriam El Khomri a confirmé le licenciement d’un délégué syndical CGT d’Air France. Personne n’a vraiment tiqué à l’annonce de cette information. Cette intervention a pourtant de quoi choquer tout citoyen normalement constitué, et ce pour plusieurs raisons. Si ce délégué a effectivement arraché la chemise d’un responsable de l’entreprise dans un environnement de violence inacceptable, le licenciement du salarié, délégué syndical ou non, ne devrait pas poser de question :

  • Nous sommes nombreux à souhaiter savoir sur quels fondements l’administration de l’inspection du travail n’a pas validé la « faute grave ». Manque réel de preuves – malgré les images accablantes – ou complicité idéologique ?
  • Si les preuves sont contestables, en quoi la ministre aurait davantage de compétences pour apprécier leur bien-fondé ?

Même avant le renforcement récent de leur pouvoir, les agents de l’inspection du travail disposaient de pouvoirs exorbitants. Leurs décisions peuvent mettre une entreprise en danger. Contre elles, les recours sont compliqués : recours gracieux auprès… de l’inspection du travail avant de s’adresser au ministère de tutelle puis au Tribunal administratif. Les alliés naturels des inspecteurs sont les délégués du personnel qui font le plus appel à eux. C’est d’ailleurs ce qu’on leur demande et ce qui motive leur surprotection. Jusqu’à un certain point. Brutaliser des cadres dirigeants et leur arracher leur chemise va très au-delà de la ligne rouge implicite. Mais alors comment croire que le jugement de l’inspection du travail à l’égard de ce délégué syndical – de tout délégué syndical – ne soit pas biaisé ? D’autant qu’on imagine sans mal ces fonctionnaires intrinsèquement hostiles au monde de l’entreprise. Leur mission consiste à inspecter et corriger les erreurs d’employeurs qui ne connaissent bien évidemment pas sur le bout des doigts les 3.500 pages du Code du travail, pas plus que les normes mouvantes – et interprétables avec une bonne dose d’arbitraire – d’hygiène et de sécurité.

Un fameux inspecteur du travail, Gérard Filoche, révèle les dérives possibles de cette administration quasi toute puissante. Militant anticapitaliste virulent – encarté à la CGT ainsi qu’à la LCR jusqu’en 1993 avant de rejoindre le PS -, il voit dans tout employeur un exploiteur coupable des pires maux qu’il faut harceler et persécuter. Lorsque le Directeur général du travail, Jean-Denis Combrexelle, rédige un rapport sur la modernisation du droit du travail, il le traite de  »virus ebola du Code du travail ». Sympathique. Autre fait d’arme de cet inspecteur du travail lors de la disparition dans un crash d’avion de Christophe de Margerie, alors dirigeant de Total, sa déclaration en guise de condoléances :  »les grands féodaux sont touchés. Ils sont fragiles. Le successeur nous volera-t-il moins ? ».  Certes, les employeurs ont parfois des comportements inappropriés qui méritent un recadrage. Mais le jugement d’inspecteurs partageant pour nombre d’entre eux cette vision du monde de l’entreprise apparaît légitimement suspect.

filoche-montage

Le jugement de la ministre vient en deuxième couche dans ce processus ambigu. Que vient faire un responsable gouvernemental dans ce domaine déjà bien trop politisé, pollué par l’idéologie de ses acteurs ?

Imaginer que le sort d’un représentant syndical – par conséquent de la vie au sein de l’entreprise -
dépende en dernier recours d’un ministre illustre bien la chape de plomb qui pèse sur l’entreprise,

… chape constituée par la connivence entre le monde syndical et le monde politique. La CGT s’est mal comportée avec le gouvernement ? Sanction et confirmation du licenciement. L’entreprise subit des jeux de pouvoir souterrains qui la dépassent et qui mêlent allégrement le pouvoir exécutif, le pouvoir judiciaire et, ce que n’avait pas prévu Diderot – qui ne doit cesser de se retourner dans sa tombe –, le pouvoir de la bureaucratie.

Un recours judiciaire existe heureusement avec le recours auprès du Tribunal administratif, de la Cour administrative d’appel et du Conseil d’Etat, même si ce pouvoir indépendant n’a qu’une connaissance très parcellaire et théorique de l’univers de l’entreprise.

Mais l’impression renvoyée par cette affaire de chemise arrachée, c’est que l’entreprise peut continuer à trembler devant l’arbitraire syndical et politique, la complexité et l’opacité des procédures qui lui sont hostiles.

Par Aurélien Véron, article déjà paru dans atlantico le 8 août 2016.







Lui-président a pris la grosse tête !

lui-president-a-pris-la-grosse-tete

51,64 % des Français ont élu celui qui s’était vendu comme un futur président de la République « normal » … Quatre ans après, dans un livre hallucinant : « Conversations privées avec le président« , ils découvrent qu’il y avait tromperie sur la marchandise et qu’ils ont élu un président mégalo ! Les autres 48,36 % de Français ricanent … En hurlant « vivement mai 2017 ! »

Je ne pouvais faire moins que placer dans un cadre richement orné – rappelant les ors de la République dans lesquels les socialistes au pouvoir adorent se vautrer – un extrait de ce livre qui a déjà fait couler beaucoup d’encre !

L’extrait est un tel concentré de narcissisme et de contentement de soi qu’il méritait bien qu’on s’y arrête un moment :

« J’ai montré que le pays était dirigé. »

Normal 1er fait sans doute allusion à sa gestion des multiples attentats qui ont ensanglanté le pays … « Diriger » : le Larousse nous dit : « Être l’élément directeur des actes de quelqu’un ; mener, conduire. Être à la tête d’un groupe, le commander, assumer la bonne marche d’une action collective, en déterminer l’exécution« .

« Nous sommes en guerre » martèle Valls et Hollande ! Mais le problème, c’est que Hollande devrait piloter, « diriger » un char d’assaut, mais il est aux commandes d’une ambulance qui va de blessés en blessés et d’un corbillard qui court de morts en morts !

La seule action qu’assume Hollande c’est celle de la commémoration !

« Je commémore donc je suis (président) ! »

Pour diriger, il faut savoir où l’on veut aller … On cherchera vainement dans ce quinquennat les traces d’une quelconque vision de ce président par accident (la conjonction d’une addiction au sexe dans un hôtel de New York et d’un anti-sarkozisme primaire promu par les médias).

« Dirigé par moi »

On sent toute la jouissance portée par cette phrase : DIRIGE PAR MOI ! c’est MOI le chef ! C’est MOI-PRESIDENT qui dirige ! MOI, qu’on surnommait monsieur 3 %, MOI, monsieur petite phrase ! Ah le PS et la mère Aubry, la mèremptoire, ils font moins les malins ! Et ce Sarkozy que j’ai balayé dans ma célèbre anaphore MOI-PRESIDENT, je l’ai collé au mur, le nabot ! Et en 2017, je vais l’éclater à nouveau !

« La reconnaissance internationale de ce que son président représente »

Et Hollande savoure : « c’est le monde entier qui me reconnait comme président« . Il ménage un long silence pour profiter de la jouissance déclenchée par ces mots ! Dans un moment de réalisme vite maîtrisé, il admet : « il y a bien la grosse Angela qui me bat froid et dirige seule l’Europe depuis Berlin (note du blogueur : là on retrouve bien le sens du mot diriger !)

Puis il conclut, dans un orgasme libérateur :

« Je suis regardé comme le président d’une belle France »

« Oui, JE suis regardé ! MOI, l’ancien petit président du Conseil général de Tulle, MOI, l’ancien tout petit secrétaire du parti socialiste, MOI qui suit maintenant le PRESIDENT de la France ! Quel parcours !

Comment conclure cet article ?

  • Par une hypothèse sociologique : Hollande pourrait être victime du principe de Peter qui veut que chaque individu, à la suite de promotions, finit par atteindre son niveau d’incompétence. Les plus complaisants des observateurs situent l’arrivée à ce niveau d’incompétence après ses deux premières années de mandat. D’autres sont plus précis et suggèrent que dès le 7 mai, les carottes étaient déjà cuites pour Hollande … et pour les Français !
  • Par une hypothèse médicale : Hollande est bel et bien malade. Il est atteint d’une cécité totale dans le domaine de l’économie, d’une altération cognitive qui lui fait voir sans cesse des courbes qui s’inversent en restant fixe, une croissance qui s’annonce sans venir, une crise qui s’éloigne tout en perdurant ! Un malade aussi terriblement atteint a alors tendance à se replier sur lui-même, le déni de réalité étant le symptôme le plus couramment observé.

Le tout est aggravé par une hypertrophie du MOI, le syndrome typique du politique parvenu, celui de la grosse tête, qui lui a fait se compromettre dans ce livre de confessions aussi impudiques que navrantes :

« C’est pas ma faute ! Pour le chômage, j’ai pas eu de bol ! »

Oui, François, en mai 2017, tu quitteras le volant cette ambulance que tu crois conduire … Il te suffira de t’allonger à l’arrière. Et tu entendras la voix de l’infirmier, une voix douce mais ferme :

« Allez, monsieur Hollande … Il faut être raisonnable !
C’est fini, l’Elysée ! On va vous reconduire à Tulle … »

J’ajoute ce sondage paru dans Le Point :

sondage-quinquennat-hollandeQue j’interprète, en toute mauvaise foi, de la façon suivante :

1 – 58,6 % des Français pensent que le mandat de Hollande n’est pas entré dans l’Histoire,
2 – 41,4 % des Français pensent que ce mandat est entré dans l’Histoire mais comme le plus mauvais de la V ème République !

Et ce n’est pas l’ouvrage :  »Conversations privées avec le président » qui a la moindre chance de faire changer d’avis les Français !







Maxime Tandonnet colle Moscovici au mur … en 7 lignes !

moscovici-ne-croit-pas-aux-racines-chretiennes-de-l-europe

Je tombe par hasard sur un article de Maxime Tandonnet, paru en mai dernier sur le site Union républicaine, d’une compacité remarquable doublée d’une efficacité redoutable.

Voici cet article comprenant 7 lignes :

J’y réponds à M. Moscovici, commissaire européen, qui a déclaré dimanche:

« Je ne crois pas aux racines chrétiennes de l’Europe ».

Nous ne sommes pas dans une logique de croyance, mais de savoir, de connaissance, de curiosité historique.

  • Indifférence à l’histoire ?
  • Idéologie ?
  • Un mélange des deux ?

A voir…

Maxime Tandonnet pour le FigaroVox et Union républicaine.

Je dirais juste … Chapeau !







Terrorisme : du « vivre ensemble » au « mourir ensemble »

vivre-ensemble-mourir-ensemble

Voici un article de Gilles-William Goldnadel paru dans le FigaroVox. Dans cet article, Gilles-William Goldnadel décrit l’état de résignation qui saisit la France après les attentats. Une résignation qui repose d’abord sur le silence politico-médiatique, ensuite sur un laxisme judiciaire poussé à bout.

gilles-william-goldnadel-n&b

Il semblerait que l’égorgement du père Hamel dans son église normande, cet holocauste symbolique du désir d’éradiquer l’ancienne religion des indigènes, l’exultation exaltante de déraciner le vieil arbre noueux, ait plongé la France médiatique et virtuelle dans une manière de résignation assumée.

La France post-chrétienne proscrit le sabre mais manie le goupillon.
Elle encense à présent, à défaut du vivre, le mourir ensemble calmement.

Sur le chemin du calvaire du peuple français à présent routinier, il se pourrait qu’un clou enfoncé dans les chairs chasse l’autre. Saint-Étienne-du-Rouvray fait oublier Nice, qui abolit le reste.

Rien d’autre à faire qu’à subir en silence compassé.

La multiplication des massacres, l’addition des victimes, nous commanderait d’interdire toute discussion, source de division.

Cette division que rechercherait paraît-il ceux qui nous égorgent.

Je ne suis pas sûr que telle soit la stratégie de nos bourreaux. Il me semble plutôt que ces stratèges si subtils cherchent à nous tuer pour nous tuer, pour nous faire trembler, ramper, pleurer, implorer, supplier, et nous imposer le repentir d’exister.

Mais à supposer que cette stratégie soit celle-là, je perçois mal ses dangers et limites.

Nul péril en effet, car pour qu’il y ait guerre civile, il faut, comme en amour, être deux.

Si je vois bien les guerriers de l’islam radical, je ne perçois nulle part les troupes de Charles Martel. J’aperçois bien quelque Ganelon, mais point de Roland à l’horizon lointain.

Et ce ne sont pas quelques détestables graffitis ou un lardon devant une mosquée, sur lesquels la presse se jette avec d’autant plus de voracité qu’elle n’a rien d’autre à se mettre sous la dent, qui donne quelque chair à la menace brandie.

Quant aux limites à respecter pour éviter cette guerre civile ou religieuse fantasmée, doivent-elles nous faire interdiction de critiquer ceux qui se tiennent pour nos élites ou encore la religion organisée ou inorganisée que nos bourreaux invoquent avant de trucider?

Mes lecteurs subtils auront deviné quelque malice sous la question, car j’observe que ceux qui nous menacent de la guerre civile en cas de division ont la méchante tendance de proscrire toute réflexion critique des causes du malheur présent. Un esprit chagrin irait même jusqu’à se demander si ce ne serait pas pour se protéger de toute funeste prospection.

C’est ainsi que tout débat sur l’islam et ses troupes demeurent sous jalouse surveillance. Ici encore, la prophylaxie est de règle, au risque de voir le remède plus dangereux que le mal.

Le lendemain du drame de Saint-Étienne-du-Rouvray, la matinale de notre chaîne radiophonique nationale insistait lourdement sur des manifestations d’hostilité aux musulmans qui demeuraient pourtant très virtuelles. France 2 pour ne pas être en reste interviewait une famille musulmane qui se plaignait simplement de «regards»…

Le surlendemain, France Inter faisait son deuxième sujet avec cette crainte , automatiquement ressassée après chaque tuerie, que ressentirait la communauté musulmane d’être «stigmatisée».

Je rappelle que lors du dernier sondage (Ipsos) sur le «regard» de la communauté nationale sur les musulmans, Le Monde ( 28 /1/15) disait son étonnement de voir leur image améliorée malgré les grands attentats parisiens.

Autrement dit, et au risque de décevoir ceux qui semblent l’espérer pour reprendre la main, les Français sont parfaitement capables de distinguer une majorité pacifique d’une minorité problématique et semblent immunisés contre le risque de globalisation ethnique ou religieuse.

On voudrait à tout prix changer cet état de fait, les faire amalgamer ou stigmatiser alors qu’aucun discours public n’utilise cette thématique et qu’eux n’y songent pas obsessionnellement, qu’on ne procéderait pas autrement. Qui divise ?

Quant à la mise en question de l’immigration massive incontrôlée, elle demeure du domaine de l’indécent indicible. Le mantra répété en boucle consistant à asséner que les assassins seraient français ou binationaux, pas question de réfléchir sur le fait que la majorité sont issus de l’immigration islamique récente. Interdiction donc de réfléchir sur les ratés programmés de l’intégration, les dangers avérés des migrations, ou la nécessité existentielle de combattre sans frein l’immigration illégale et invasive.

Enfin, l’ensemble du corps politique, premier ministre compris et jusqu’au très estimable Mr Boubakeur , s’accordant à reconnaître l’urgence impérieuse de reconstruire l’organisation du culte musulman en France, il est difficile de pouvoir soutenir sans rire que ce qui nous arrive n’a strictement et absolument aucun rapport avec l’islam.

On me permettra à ce stade de faire observer respectueusement à Manuel Valls que le «pacte» qu’il appelle de ses vœux sera autrement plus difficile à obtenir que lorsqu’il s’agissait du concordat des juifs ou de la séparation avec l’église catholique. Et Dieu sait pourtant que ce fut difficile. Les premiers considèrent que «la loi du pays est leur loi». Les seconds doivent «rendre à César ce qui appartient à César». Pas grand-chose à voir avec ceux qui doivent mettre la charia au-dessus de tout. Il est des pactes qui doivent ressembler à des décrets impérieux.

Je me permets moi-même, au risque de diviser, de m’étonner de la surprenante soustraction opérée ce dimanche par la centaine de personnalités musulmanes françaises réclamant dans le JDD cette réorganisation de l’islam de France: «après l’assassinat de caricaturistes, après l’assassinat de jeunes écoutant de la musique, après l’assassinat d’un couple de policiers, après l’assassinat d’enfants, de femmes assistant à la célébration de la fête nationale, aujourd’hui l’assassinat d’un prêtre célébrant la messe…»

S’agissant de personnalités averties, compte tenu du contexte spécifique des relations entre juifs et arabes, j’ai du mal à me persuader que cette soustraction des victimes juives de Toulouse ou de Paris relève seulement de la plus fâcheuse des distractions.

Autre proscription sous peine de divisions: la critique du système judiciaire ou de certains de ses membres. Ici encore nos prêtres cathodiques en ont fait une sorte de tabou inviolable.

Ici encore notre chaîne radiophonique nationale et publique, au lendemain du crime, se faisait l’écho du malaise de juges qui se sentiraient eux aussi, décidément, «stigmatisés».

Ainsi donc, il serait interdit de faire remarquer que le système judiciaire français est non seulement en panne, mais à présent paralysé.

Interdit de faire observer, sous peine de je ne sais quelle autre stigmatisation , que Madame Taubira lui a porté le coup de grâce.

Que durant une demie décennie la gauche esthétique a ralenti le programme de construction carcérale et lui a substitué l’inepte loi sur la contrainte pénale. Que non seulement cette dernière n’est pas appliquée, mais qu’en outre les juridictions croulent sous le nombre de peines non exécutées. Que désormais la justice pénitentiaire n’est plus en mesure d’assurer tous les trajets entre prisons et tribunaux et que des détenus sont libérés faute d’escorte! (Le Figaro, Paule Gonzales 10 juillet & Le Monde, Jean-Baptiste Jacquin 24 juin)

Mais il est interdit, plus encore, de faire remarquer que le débat sur la nécessité de réformer le droit est le plus commode des débats. Que celui de voir respecter l’État de droit est le plus indigent.

Le bel Etat de droit que voilà célébré par ses thuriféraires vétilleux, de la Ligue des droits de l’homme au Parti Communiste: celui de l’état d’urgence qui tolère Nuit Debout et des lois républicaines piétinées sous les pieds des immigrés illégaux qui foulent impunément les rues quand ils ne manifestent pas publiquement en leur beau milieu.

Comment ne pas voir que La Ligue des droits de l’Homme protège aussi efficacement les droits des hommes que SOS-Racisme nous aura prémunis contre le racisme assassin.

À l’heure où l’État n’est plus le danger mais le premier rempart contre la barbarie à barbe, gardons-nous d’écouter ceux qui devraient faire vœu de silence et d’humilité. 

Tout aussi mal séant est de faire remarquer que le tueur de Nice était un étranger bénéficiant d’un permis de séjour. Que dans un système judiciaire normal celui qui était connu pour des faits de violence et de vol et qui venait d’être condamné à la prison avec sursis pour agression avec arme, n’aurait plus dû se trouver à Nice le 14 juillet.

Interdit de faire remarquer que si des juges n’avaient pas, contre l’avis éclairé du parquet, libéré un certain Adel Kermiche pour lui mettre au poignet une breloque dérisoire, une petite flamme de vie lumineuse brillerait encore. Et pourquoi diable, ne serait-il pas possible de le faire remarquer? Pas pour morigéner un magistrat, pas pour le révoquer, pas même pour lui réclamer des comptes personnels. Pour tenter seulement de briser ses confortables certitudes ou seulement ses réflexes idéologiquement conditionnés. Mais les cerbères de cette idéologie peuvent encore mordre. En tous les cas ils aboient. La présidente du Syndicat de la Magistrature, Clarisse Taron, croit voir dans les critiques de la juge qui a ordonné la mise en liberté de l’égorgeur du prêtre «une mise à l’index de la justice» et même selon Médiapart (27 juillet) une «curée médiatique» (sic).

Le syndicat du mur des cons, combien de divisions ?

Gilles William Goldnadel pour le FigaroVox







Pour en finir avec la culture de l’excuse

Jean-Paul Brighelli, le célèbre auteur de la fabrique du crétin vient de publier dans le point cet article qui démonte les fausses raisons qui expliqueraient les mauvais résultats des élèves maghrébins :

pour-en-finir-avec-la-culture-de-l-excuse

Les garçons issus de l’immigration maghrébine échouent davantage que la moyenne. La faute à une école discriminante ? Ou à leur manque d’investissement ?

Ma chronique de la semaine dernière ayant déchaîné les foudres de certains commentateurs (ainsi sur le forum de discussion neoprofs), j’aimerais revenir sur ce qui a paru à certains comme des assertions erronées. Pourtant, qu’est-ce qui pousse les jeunes issus de l’immigration nord-africaine à mal réussir à l’école ? Le racisme des enseignants – majoritairement de gauche ? Des facteurs économiques souvent défavorables – et que l’on ne peut nier ? Ou une pré-culture de l’excuse qui donne de bonnes raisons de ne pas même tenter de réussir, sauf exceptions ?

Un échec massif

Et d’abord, l’échec des populations d’origine maghrébine est-il attesté ? Oui, répond l’Insee dans une étude exhaustive parue en octobre 2012 : ces enfants réussissent en général nettement moins bien que la moyenne. Les garçons moins encore que les filles, comme nous l’a expliqué Jean-Louis Auduc, dont j’ai récemment décortiqué l’étude – sans doute parce que les filles prennent encore l’école comme un moyen de s’affranchir des tutelles parentales ou sociétales, de la pression de la « communauté » (je mets le mot entre guillemets tellement il me révulse – je ne connais qu’une communauté en France, c’est la communauté française), de l’enfermement à la maison, dans le quartier ou sous leurs voiles. Chez les garçons en revanche, c’est à qui en fera moins que son voisin.

« À cause du différentiel culturel ! » clament les bonnes âmes. La culture française, culture d’héritiers comme le disent tous les disciples de Bourdieu, est très loin de celle de ces jeunes issus directement ou indirectement de l’immigration. Et sans doute faut-il modifier les programmes afin d’être moins exigeant. Ainsi Sciences po il y a trois ans, suivant en cela une politique décidée par Richard Descoings quand il présidait aux destinées de la rue Saint-Guillaume, a supprimé une épreuve de culture générale afin de se mettre au niveau de celles et ceux qui n’étaient pas issus de la bourgeoisie française. Au grand dam de nombre d’écrivains venus d’horizons politiques fort différents – Régis DebrayMarc FumaroliMichel Onfray, Jean d’Ormesson, Erik Orsenna et Philippe Sollers. Des « pseudo-z-intellectuels » sans doute.

Le problème, c’est que moins on leur en demande, et moins ils y arrivent. Qui s’en étonne encore ?

L’école des « Blancs »

La faute à l’héritage ! répliquent immédiatement les mêmes belles âmes. Le poids du colonialisme – et la répétition d’attitudes néocoloniales. La guerre et ses séquelles. C’est l’avis par exemple de Houria Bouteldja, présidente du Parti des indigènes de la République, qui n’hésite pas à affirmer (dans Les Blancs, les Juifs et nous, la Fabrique, 2016) que Jean Genêt fut grand parce qu’il salua, en 1940, la défaite de l’État colonialiste français (à croire que les Allemands ne colonisaient personne), et que ce qui est blanc est, par définition, coupable. Qu’elle se doit, dans l’ordre, dit-elle, « à ma famille, à mon clan, à mon quartier, à ma race, à l’Algérie, à l’islam ». Et que les excès auxquels se livrent les jeunes Maghrébins ne sont que les manifestations de « la virilité testostéronée du mâle indigène la part qui résiste à la domination blanche ». Sic. Les femmes violées à Cologne n’ont qu’à s’en prendre à elles-mêmes. Même Serge Halimi, homme de gauche s’il en fut, s’en étrangle dans Le Monde Diplomatique ce mois-ci. On le comprend.

Atlantico a demandé leur avis cette semaine à quelques spécialistes, dont votre serviteur, sur cette « culture de l’excuse » qui, comme l’explique Éric Verhaeghe, « permet de perpétuer le rapport colonial tout en semblant l’inverser ». Je ne peux que répéter ce que j’y ai expliqué : « Chose étrange, ce ne sont pas toutes les populations immigrées originaires des anciennes colonies qui ont réagi ainsi. Les Asiatiques par exemple, originaires de l’ancienne Cochinchine (le Vietnam principalement), ne présentent aucun symptôme d’une culture de l’excuse : ils travaillent dur, réussissent souvent brillamment, et se font une place dans la société française – y compris en prenant territorialement la place (à Belleville par exemple, ou dans le centre de Marseille, pour ne pas parler de l’implantation de Chinois à Alger même) de populations venues du Maghreb.

La réussite des boat people

« Pourtant, les Indochinois ont été sacrément exploités par le colonisateur ! Que l’on pense par exemple à la culture importée de l’hévéa et au travail forcé qui en a résulté – ou à la réquisition de travailleurs indochinois dans les rizières camarguaises pendant la Seconde Guerre mondiale, sans rémunération ni reconnaissance… Et c’est par une guerre aussi qu’ils se sont libérés des Français. Il y a quelque chose de spécifique aux anciens colonisés d’Afrique du Nord qui tient peut-être à la façon dont on leur a raconté leur histoire – et il y a là une double responsabilité, celle de la famille et celle de l’école. Qui tient aussi peut-être à l’islam, à la certitude d’être dans le vrai – et d’être rejetés alors même qu’ils devraient être au sommet – et au fatalisme quelque peu contemplatif de cette religion où « c’est écrit », et où par conséquent l’effort personnel n’est pas survalorisé.

« D’où cette culture de l’excuse, le discrédit jeté a priori sur le travail scolaire, et un sentiment de frustration que la religion peut compenser – ou la violence, qu’elle s’exprime à travers la délinquance ou à travers le terrorisme – et, de plus en plus souvent, à travers les deux. »

Parce qu’enfin, les mêmes causes devraient produire les mêmes effets. Je suis assez vieux pour avoir eu en cours, à la fin des années 1970 et surtout au début des années 1980, les enfants des boat people qui arrivaient tout aussi misérables que les « migrants » aujourd’hui, fuyant un pays dévasté par vingt ans de conflit, des bombardements massifs, la déforestation chimique, des centaines de milliers de morts, et les petites filles napalmées courant en larmes sur les routes. Tout le monde se rappelle cette photographie magistrale et terrible.

petite-fille-vietnamienne-brulee

Photo : © Nick Ut (AP, 1972).

Quarante ans plus tard, Kim Phuc n’a rien oublié – comment l’aurait-elle pu ? –, mais elle s’est reconstruite – en exil elle aussi. Et mes élèves indochinois arrivés au lycée des Ulis presque sans parler français en seconde réussissaient brillamment le bac – le bac des années 1980 – trois ans plus tard – et leurs études, au-delà.

Alors, qu’est-ce qui bloque chez les Beurs des années 2000 ? Dans quelle mythologie personnelle vont-ils chercher des excuses pour être encore et toujours discriminés, ce qui leur sert de prétexte pour ne même pas essayer de s’en sortir ? Loin de moi l’idée de nier que c’est plus dur pour eux que pour des petits bourgeois français depuis trente générations et enfants d’intellectuels. Mais l’exemple du million d’Asiatiques vivant aujourd’hui en France, qui réussissent si bien qu’ils sont désormais la cible des gangs des cités de Belleville, devrait les persuader qu’avec du travail et de l’obstination, on y arrive – et non avec des jérémiades reconverties en syndrome d’échec et en violence.

Jean-Paul Brighelli pour le Point